Mouvement des Réformateurs de l’UFDG : « Il ne peut y avoir de congrès sans notre participation », jure Lamarana Petty DIALLO

Le congrès extraordinaire de l’Union des Forces Démocratiques de Guinée (UFDG) se tient le dimanche, 6 juillet 2025. L’annonce de cette nouvelle date a été faite le 28 mai dernier par le conseil politique du parti, à l’issue d’une réunion présidée par Dr Fodé Oussou FOFANA, l’un des vice-présidents. Toutefois, le Mouvement des réformateurs de l’UFDG, proche de Ousmane Gaoual DIALLO, actuel Ministre des Transports n’est pas d’accord avec cette décision.

C’était le Cercle des Amis de Gaoual (CERAG-UFDG). Le 30 mai 2025, il est devenu le Mouvement des Réformateurs de l’UFDG à la faveur d’une conférence de presse à Conakry. Le MR-UFDG regroupe des « mécontents ou frustrés » réclamant un nouveau leadership à la tête du parti dirigé depuis 2007 par Cellou Dalein DIALLO, actuellement en exil entre le Sénégal et la Côte d’Ivoire. Aussitôt l’annonce de la tenue du congrès de l’UFDG faite, la nouvelle structure a dénoncé l’initiative. Elle la juge illégale et contraire aux statuts du parti. 

UN CONGRÈS EXTRAORDINAIRE ‘’INSENSÉ’’ 

Son président, Lamarana Petty DIALLO est allé jusqu’à prévenir qu’aucun congrès ne pourra se faire dans l’exclusion des responsables élus par le congrès de 2015. « L’annonce de ce congrès est insensée, car elle viole le texte fondateur du parti concernant la tenue du congrès ordinaire et du congrès extraordinaire. Les statuts sont pourtant clairs : les congrès doivent se tenir tous les cinq ans. Or, depuis celui de 2015, aucun congrès n’a été organisé. Quant au congrès extraordinaire, il aurait dû être convoqué après six mois d’empêchement du président Cellou Dalein Diallo. Les textes stipulent que lorsque, pour quelque raison que ce soit, un empêchement dépasse six mois, le président doit désigner l’un des vice-présidents pour assurer l’intérim. C’est ce que prévoit l’article 14.6 et 14.7 des statuts. Au-delà de cette période de présidence provisoire, un congrès extraordinaire doit être convoqué par le bureau exécutif national », a-t-il réagi. 

MISER SUR LA JUSTICE OU LE MATD…

En plus de la violation des textes du parti, le Mouvement des Réformateurs UFDG informe que le conseil politique n’est pas compétent pour annoncer la tenue du congrès. Ce n’est pas une instance décisionnelle, mais d’application. Malheureusement, rien de tout cela n’a été respecté, regrette Lamarana Petty Diallo. C’est pourquoi, lui et ses amis réunis au sein de MR-UFDG comptent s’opposer à la tenue de ce congrès. 

Dans leur lutte, ils comptent dans un premier temps, s’abriter derrière la justice et le contrôle strict du ministère de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation. C’est celui-ci qui, selon eux, a le pouvoir de veiller à l’application des textes régissant le fonctionnement des formations politiques en Guinée.

 CELLOU « NE PEUT NI SE FAIRE RECENSER, NI VOTER…» 

Dans un second temps, le mouvement compte intensifier la sensibilisation auprès des militants sur le fait que Cellou Dalein Diallo ne soit plus le choix judicieux pour le parti. « Monsieur Dalein a été candidat trois fois sous la bannière de l’UFDG. Trois fois, il a revendiqué la victoire. Et trois fois, il n’a pas accédé au pouvoir. Maintenant, il est à l’étranger, dans un pays où il ne peut ni se faire recenser, ni voter, encore moins être candidat. Peut-on sérieusement prétendre diriger un pays depuis l’étranger ? La Constitution est claire : il n’existe pas de candidature par procuration. J’ai toujours dit que si M. Dalein avait obtenu le parti par consensus, il aurait pu aussi le céder dans l’intérêt du futur. Mais il a préféré s’accrocher. Et à mon avis, il a été mal conseillé. En politique, quand on est en position de force, on négocie. Mais au lieu de cela, on l’a poussé à se radicaliser, à faire des déclarations graves comme celle appelant à tout faire pour renverser le président de la transition. C’est extrêmement dangereux », martèle Lamarana Petty DIALLO. 

Qui lâche, non sans fermeté, « Aucun congrès ne pourra se tenir sans nous. Il ne peut y avoir de congrès sans la participation des responsables élus lors du congrès de 2015. Nous sommes les seules légitimes, car nous avons été élus par le suffrage des militants. Ceux qui ont été nommés après, ne peuvent pas siéger légalement au Bureau exécutif national », a enchaîné le président du Mouvement des Réformateurs UFDG. 

Pendant ce temps, Kalémodou YANSANE, l’un des vice-présidents de l’UFDG a exposé les conditions pour briguer un poste au sein du futur bureau exécutif. C’était le samedi, 14 juin 2025, à la faveur d’une réunion stratégique au siège national de l’UFDG à Conakry. Il a informé que les candidatures prioritaires seront celles des membres véritablement engagés, soit ceux qui assistent régulièrement aux réunions ou qui participent aux activités du parti. 

  1. YANSANE a également lancé un ultimatum aux membres du bureau exécutif sortant, affirmant qu’ils avaient jusqu’au 20 juin 2025, pour aller émarger au siège du parti, ouvert depuis le 3 juin à cet effet. Ce geste administratif conditionne, avait-il expliqué, leur éventuelle reconduction. « S’ils ne se présentent pas, nous les considérerons comme démissionnaires », a indiqué M. YANSANE. 

LA RÉINTÉGRATION DE GAOUAL, AVANT TOUT CONGRÈS !!! 

Cet avertissement ne passe pas chez le président du Mouvement des Réformateurs de l’UFDG. « M. Kalémodou YANSANE se permet de fixer des règles comme s’il recevait les militants chez lui. Il dit : « Vous devez venir à telle heure, pas à telle autre, entre telle et telle date. » Il parle d’un enregistrement prévu du 16 au 20. Eh bien, nous lui demandons simplement de commencer par demander au président du parti de venir s’enregistrer. Ensuite, il pourra inviter les autres. En d’autres termes, il faut que la tête du troupeau avance pour que le reste suive. C’est pourquoi, je dis que cette démarche est absurde, hors contexte et sans fondement », a de nouveau dénoncé Lamarana Petty DIALLO.

Ces « mécontents ou frustrés » de l’UFDG tiennent un autre discours. Celui de conditionner la tenue du congrès à la réintégration préalable de Ousmane Gaoual Diallo, comme en a décidé la justice. L’ancien coordinateur de la cellule de communication du parti n’attend pas que son intégration soit actée. L’actuel ministre des Transports a éprouvé le sentiment d’être candidat, même s’il ne croit pas à la volonté du camp d’en face d’organiser un congrès inclusif et transparent. 

Autant dire que le congrès extraordinaire du 6 juillet 2025, s’annonce dans un climat tendu entre l’UFDG originelle et le camp des Réformateurs de l’UFDG. Beaucoup d’interrogations planent donc sur cet évènement politique. 

Au moment où nous allions sous presse le MATD avait demandé au parti de sursoir à la tenue de son congrès tant que la décision de réintégration de Ousmane Gaoual Diallo n’etait pas prise en compte.

Alluremag

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