Mamadi Doumbouya face à son destin : entre promesses et réalités du pouvoir

Conakry – Le 5 septembre 2021, le général Mamadi Doumbouya renversait Alpha Condé, promettant aux Guinéens un avenir meilleur : restaurer la justice, organiser des élections et tourner la page des dérives institutionnelles. Trois ans plus tard, le « soldat libérateur » se retrouve confronté aux dures réalités du pouvoir et aux pièges d’un système qu’il avait juré de combattre.


Des promesses aux épreuves de la gouvernance

À son arrivée, Mamadi Doumbouya avait promis un paradis politique et social, où justice et démocratie guideraient l’action publique. Mais les multiples dossiers judiciaires sensibles, toujours en attente d’aboutissement, ralentissent la marche vers des élections libres. Pour certains de ses proches conseillers, il faudrait d’abord solder ces affaires avant d’aller aux urnes.


La Transition contestée

À l’approche de fin 2024, de plus en plus de voix s’élèvent pour lui reprocher le non-respect de la Charte de la Transition et des engagements initiaux. Entre chantiers de refondation et pressions politiques, le général semble prisonnier d’un équilibre fragile.


Un soldat piégé dans la politique ?

Celui qui se présentait comme un libérateur apparaît désormais happé par les filets de la politique et la machine du système. La question est désormais cruciale : réussira-t-il à sortir par la grande porte pour rester dans l’histoire, ou acceptera-t-il la main tendue de ce même système qu’il voulait briser ?


Le rôle stratégique de Bah Oury

Son Premier ministre, Bah Oury, pourrait jouer un rôle déterminant dans la réussite de la Transition. Mais une question persiste : la machine invisible du système lui laissera-t-elle réellement les coudées franches après les élections ? Le général, de son côté, saura-t-il anticiper les plans des loups tapis dans l’ombre avant qu’il ne soit trop tard ?


Sécurité nationale, un autre défi de la Transition

Face à l’insécurité qui s’installe dans le pays, marquée par des cas d’enlèvements, d’agressions et autres violences, la situation devient préoccupante. De plus, la ceinture sécuritaire de nos frontières, exposée aux menaces de groupes armés clandestins, exige une attention particulière et une stratégie renforcée. Ce défi sécuritaire s’ajoute à la complexité de la Transition et pèsera lourdement sur son issue.


Justice : de l’espoir aux désillusions

Au début de la Transition, la justice avait redonné de l’espoir et permis au peuple de retrouver une certaine confiance. Mais face aux scandales impliquant des proches du pouvoir, souvent soldés par des négociations à huis clos, ce souffle s’est essoufflé. Aujourd’hui, certains considèrent que la justice donne l’image d’une institution partiale, incapable de s’affranchir des influences politiques.


Quel avenir pour la Guinée ?

Au cœur de ces incertitudes, une seule question demeure : la Guinée pourra-t-elle enfin tourner la page des blocages politiques et institutionnels, ou le pays restera-t-il prisonnier d’un système résistant à toute alternance ?

Le destin du général Mamadi Doumbouya, et à travers lui celui de la nation, est désormais suspendu à la capacité de la Transition à tenir ses promesses.

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