Lettre ouverte à Son Excellence Monsieur Bassirou Diomaye FayePrésident de la République du Sénégal



Monsieur le Président,

J’ai l’honneur de m’adresser à vous pour solliciter votre bienveillance et attirer votre attention sur la situation préoccupante que vit une partie de la communauté Peulh Fouta, injustement prise pour cible par certaines attaques verbales et campagnes de stigmatisation, souvent en les assimilant à des étrangers.

Parmi ces Peulh Fouta, nombreux sont ceux dont les parents sont nés, ont grandi et vécu au Sénégal bien avant l’indépendance. Ils ont pleinement contribué à la construction nationale. Aujourd’hui, leurs enfants et petits-enfants sont fonctionnaires, entrepreneurs, commerçants et chefs d’entreprise, participant activement au développement économique et social du pays. Ils portent fièrement des patronymes tels que Ndiaye, Diop, Fall, et d’autres homonymes bien connus, preuve de leur enracinement dans la société sénégalaise.

Le Sénégal a également accueilli d’autres communautés après l’indépendance, qui ont fini par devenir des citoyens sénégalais à part entière. Quant à la communauté Peulh Fouta, elle s’est toujours illustrée par son travail acharné, sa capacité à entreprendre sans aide des banques ni soutien gouvernemental, et par ses réinvestissements constants dans l’économie nationale.

Or, depuis quelques années, un mouvement nationaliste animé notamment par M. Tahirou Sarr s’en prend à cette communauté à travers les médias et les réseaux sociaux. Ces attaques répétées alimentent un climat de haine qui, hélas, commence à se propager. Face à ces agressions, la communauté est restée silencieuse, évitant toute confrontation, fidèle à son attachement à la paix et au vivre-ensemble.

Monsieur le Président, le Sénégal est reconnu comme le pays de la Teranga. Vos illustres prédécesseurs ont toujours œuvré pour la protection des personnes et de leurs biens, sans distinction d’origine ni d’ethnie. La communauté Peulh Fouta parmi eux d’ailleurs a apporté son soutien au projet politique du PASTEF, certains de ses membres allant jusqu’à donner corps et âme, d’autres ayant été emprisonnés lors des événements de 2021 et 2024, sans compter ceux qui ont perdu leurs commerces durant ces périodes comme les d’autres communautés.

C’est pourquoi, Monsieur le Président, je vous prie respectueusement de prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger cette communauté, afin que la haine ne s’installe pas durablement dans notre société et ne vienne compromettre l’unité nationale et la paix sociale.

Veuillez agréer, Monsieur le Président, l’expression de ma très haute considération et de mes salutations distinguées.

Boubacar Bah Mir

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