A priori, dans une ville aussi insalubre que Conakry, les bacs à ordures que l’on retrouve le long des principales voies publiques ou aux abords des marchés, sont le signe d’une volonté d’inverser la tendance. Mais ce n’est malheureusement pas toujours le cas. Ainsi, au bord de Sonfonia, les deux bacs à ordure rendent davantage la vie difficile aux habitants. L’odeur qui s’en dégage gêne les commerçants, les passants et les riverains. Souvent, les déchets débordent sur la route, transformant le marché en un gigantesque et gênant dépotoir à ciel ouvert.
Les passants, le nez caché derrière des mouchoirs ou des masques, doivent faire attention pour ne pas tomber ou se salir. Élisabeth Mahomou, vendeuse installée tout près d’un des bacs, raconte : « On ne sait plus quoi faire. L’odeur nous fatigue, mais on n’a pas le choix. Je n’ai pas d’autre travail. Si je ne fais pas ça, mes enfants n’auront rien à manger. On nous demande souvent de payer pour que les gens viennent ramasser les ordures. Parfois, je paie 5.000 francs, d’autres fois 3.000. Et on n’a plus de place dans le marché, c’est pour ça qu’on vend sur le trottoir ».

Mamadou Saïdou DIALLO, responsable du service d’assainissement de la commune de Sonfonia, reconnaît les problèmes mais explique : « Nous n’avons pas assez d’endroits où mettre ces bacs. On les a mis ici pour que le marché reste propre. Si on ne le faisait pas, les déchets du marché seraient encore plus importants et difficiles à gérer. Dès que les bacs sont pleins, nous venons les vider ».
L’adjudant-chef Alseny CAMARA, présent sur les lieux, explique la présence de la police et dénonce l’incivisme de certains citoyens, selon lui, responsables de la saleté des lieux : « Nous sommes là pour dégager les femmes qui débordent sur la chaussée. Elles empêchent les voitures de passer. Mais le ramassage des ordures, ce n’est pas notre travail, c’est celui de la commune. Et souvent, ce sont aussi les gens qui sont dans leurs voitures qui jettent des déchets ici ».
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