À la suite de sa déclaration à la Maison de la presse ce vendredi, Amadou Thierno Diallo, président de l’Union des Guinéens pour le Développement (UGD) et initiateur du Mouvement Synthèse, s’est exprimé sur le rapport entre exploitation minière et développement. Pour lui, le slogan largement répandu « mines et développement » ne reflète ni la réalité économique mondiale ni les besoins structurels de la Guinée : « Aucun pays au monde ne s’est développé à partir de ses ressources minières »
Critiquant les discours politiques centrés sur les richesses du sous-sol guinéen, l’ancien ministre estime que la dépendance aux matières premières est une illusion dangereuse : « À coups de tambours et d’effets d’annonce, on vous parle de mines. Aucun pays au monde ne s’est développé à partir de ses ressources minières, aucun », a-t-il martelé.
Prenant l’exemple du projet Simandou : « La tonne est aujourd’hui autour de 100 dollars. Notre production est si faible que nous sommes preneurs de prix. Nous ne contrôlons rien. Nous ne sommes qu’un petit joueur dans la cour des grands. » Pour lui, baser l’architecture économique du pays sur l’extraction brute de minerais revient à s’exposer à des fragilités structurelles majeures.
Abordant le cas du pétrole, Amadou Thierno Diallo souligne que même certains pays producteurs n’ont pas réussi à transformer leurs revenus en développement durable. « Le pétrole a fait avancer certains pays, mais ne les a pas développés. Dès que le prix chute, les conséquences sur le budget et l’économie sont dramatiques », explique-t-il.
Dans son analyse, il insiste sur la nécessité de sortir du modèle mono-exportateur pour aller vers une économie productive et résiliente : « Aucun pays au monde ne peut se développer avec ses seules ressources naturelles. Il faut diversifier l’économie, aller vers les industries, les manufactures, développer l’agro-industrie. »
Il plaide pour la mise en place d’un « tissu économique diversifié » capable de protéger le pays contre les fluctuations des prix des matières premières : « Ce que nous disons, c’est qu’il faut une économie capable de s’ajuster lorsque les prix chutent », a-t-il conclu
Leave a Reply