Les débats autour de la proposition de loi portant régime juridique des partis politiques et autres organisations à caractère politique ont été particulièrement vifs vendredis à l’hémicycle. Avant même la délibération et le vote, plusieurs conseillers ont exprimé de fortes réserves quant aux nouvelles conditions imposées pour la création d’un parti politique en Guinée.
Bien que le texte n’ait pas encore été rendu public, certaines dispositions ont déjà suscité de vifs échanges. Parmi elles, l’obligation pour tout nouveau parti de réunir 11 membres fondateurs dans chacune des 33 préfectures du pays, ainsi que dans les 13 communes de Conakry, mais aussi de disposer des représentants dans les 46 circonscriptions administratives. Le projet de loi prévoit en outre un quota d’au moins 30 % de femmes parmi les membres fondateurs.
En pratique, plus de 500 personnes seraient désormais nécessaires pour créer une formation politique.
À l’issue du vote, le conseiller Mamadou Fadia BALDE, représentant de l’UFDG au sein du CNT, a vivement dénoncé ce qu’il considère comme une entrave à la pluralité politique :
« Aucune structure au monde, même les Nations unies, ne peut exiger autant de membres fondateurs pour créer une organisation. Cela bloque complètement la création des partis politiques dans ce pays », a-t-il déclaré à notre micro:
« Comment peut-on exiger 11 membres fondateurs par préfecture et dans les 13 communes de Conakry ? Cela représente plus de 500 personnes juste pour s’asseoir et créer un parti politique. C’est un blocage total », a-t-il insisté.
Le texte adopté continue de susciter interrogations et critiques, en attendant sa publication officielle et les réactions des acteurs politiques nationaux.
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