À l’occasion de la Journée internationale des personnes en situation de handicap, célébrée ce mercredi 3 décembre 2025, le gouvernement guinéen a lancé officiellement les « 72h du handicap ». La cérémonie, organisée au Palais du Peuple et présidée par le Premier ministre Amadou Oury BAH, a réuni des centaines de personnes en situation de handicap, des responsables institutionnels et des acteurs de la société civile.
Au nom des organisations des personnes en situation de handicap, Moustapha Kaba, non-voyant et représentant de la communauté, a présenté un ensemble de recommandations jugées urgentes. Il a notamment insisté sur:
– l’application effective de la loi sur le handicap récemment adoptée ;
– l’élaboration de textes d’application clairs et réalistes ;
– le soutien accru aux familles pour favoriser l’accès à l’éducation et aux soins de santé ;
– l’intégration systématique de l’accessibilité dans les infrastructures publiques ;
– la lutte contre l’exploitation des enfants forcés à mendier dans les rues.

Prenant la parole, le Premier ministre Amadou Oury BAH a reconnu les limites du système national en matière d’inclusion, particulièrement dans le domaine éducatif : « Le droit constitutionnel de la République de Guinée, conformément à la Constitution, oblige l’État à accompagner toutes les personnes, notamment les enfants, pour qu’ils aillent à l’école. Et ça, c’est un devoir, c’est une exigence. Monsieur le ministre de l’Enseignement supérieur, madame la ministre de l’Enseignement technique et professionnel et monsieur le ministre de l’Enseignement Pré-universitaire, c’est une charge, de prendre cela à bras le corps dès l’année prochaine, que de manière effective, que les programmes, que les dynamiques soient engagés pour qu’on puisse, dans le concret, faire bénéficier à nos compatriotes leurs droits constitutionnels. Les personnes souffrant d’un handicap ont besoin d’avoir des accompagnements spécialisés. Et nous, nos infrastructures, notre système éducatif ne sont pas encore préparés. D’où la nécessité d’engager d’ores et déjà, de manière concertée avec tous les ministères s’intéressant à la question éducative et même à la question professionnelle, à la question de la santé, les voies et moyens d’avoir des écoles spécialisées pour former des personnes en capacité d’encadrer les enfants souffrant d’un handicap, que ce soit les malvoyants, que ce soit les personnes souffrant de surdité, etc ».

Le premier ministre a également rappelé que la prise en charge des personnes en situation de handicap relève de la responsabilité régalienne de l’État, appelant les institutions à dépasser les discours pour passer à l’action concrète.
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