Deux ans après l’explosion du dépôt d’hydrocarbures : Coronthie entre renaissance des bâtis et plaies béantes

Deux ans après l’explosion dévastatrice du dépôt d’hydrocarbures, le quartier de Coronthie panse ses plaies. Si les chantiers de reconstruction transforment progressivement le paysage grâce aux aides de l’État, le traumatisme social et psychologique reste, lui, bien ancré dans le quotidien des sinistrés.

Le vrombissement des machines à souder et le choc des truelles ont remplacé le fracas de l’explosion. À Coronthie, le temps n’a pas effacé le souvenir de la nuit tragique de décembre 2023, mais l’heure est résolument à la reconstruction. Deux ans plus tard, le quartier affiche un visage en pleine mutation, oscillant entre soulagement administratif et détresse humaine persistante.

Un processus de reconstruction sous contrôle

Pour les autorités locales, le bilan est encourageant. Yaya SOUMAH, chef de secteur adjoint de Coronthie 1, se veut rassurant : « La situation s’est largement stabilisée. Il n’y a pas de problèmes majeurs à signaler pour le moment concernant les sinistrés », affirme-t-il.

Sur le terrain, cette stabilisation se traduit par le retour progressif des propriétaires dans des habitations rénovées. Morlaye CAMARA, un habitant du quartier, observe cette métamorphose avec optimisme. Il confirme le versement d’aides étatiques, notamment une première tranche de 60 millions de francs guinéens pour certains foyers. « Ce n’est pas tout le monde qui a reçu, mais ceux qui ont commencé avancent petit à petit », précise-t-il, soulignant une dynamique de travaux « concession par concession ».

L’ombre du traumatisme : des maux que l’argent ne guérit pas

Pourtant, derrière les façades neuves, le témoignage de Hadja Fatoumata BARRY nuance ce tableau clinique. Si elle salue l’appui financier de l’État, elle pointe du doigt une réalité sociale plus sombre. « Certaines femmes n’ont pas encore repris leurs activités économiques, des personnes sont malades sans moyens de se soigner et, plus inquiétant, des enfants refusent toujours de revenir dans le quartier par peur », confie-t-elle avec émotion.

Ces séquelles psychologiques et le ralentissement de l’économie locale constituent le « deuxième front » de cette catastrophe, celui que le béton et les briques ne suffisent pas à combler.

L’appel à une solidarité sans exclusion

Si l’assistance alimentaire et financière a permis de parer au plus pressé, le sentiment d’une aide à deux vitesses commence à poindre chez certains résidents. Fatoumata DIAKITE, tout en reconnaissant les efforts consentis par le gouvernement, se fait le porte-voix des oubliés du recensement ou des procédures administratives.

« Nous demandons que les autres sinistrés reçoivent également leur part », insiste-t-elle. Pour ces habitants, la « victoire » sur le drame de Coronthie ne sera totale que lorsque le dernier sinistré aura été pris en charge, garantissant ainsi une équité indispensable à la paix sociale dans ce quartier historique de la capitale.

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