Guinée : L’UFDG de nouveau frappée par une suspension de 90 jours

Alors qu’elle s’apprêtait à reprendre ses activités, la formation politique de Mamadou Cellou Dalein DIALLO voit sa sanction reconduite par le MATD. Entre congrès non tenus et irrégularités statutaires, le ministère menace désormais le parti d’une dissolution pure et simple si les « manquements persistants » ne sont pas corrigés d’ici mai 2026.

C’est un véritable coup de massue pour l’Union des Forces Démocratiques de Guinée (UFDG). À peine sortie d’une première période d’inertie forcée de trois mois, la principale formation de l’opposition se voit de nouveau signifier son interdiction d’exercer. Par une correspondance datée du 16 décembre 2025, le Ministre de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation (MATD), le Général Ibrahima Kalil CONDE, a acté la reconduction de la suspension du parti pour une durée de 90 jours supplémentaires.

Un diagnostic sévère du MATD

Malgré une volonté de coopération affichée par l’état-major de Cellou Dalein DIALLO, les conclusions de la Commission d’évaluation sont sans appel. Pour les autorités de la transition, l’UFDG reste en marge de la légalité. Le ministre évoque des « manquements substantiels » qui n’auraient toujours pas été régularisés.

Le grief principal demeure le gel du fonctionnement démocratique interne. Le MATD pointe notamment :

  • La panne du calendrier électif : Aucun congrès national n’a été organisé depuis 2015.
  • Le non-respect des statuts : La substitution jugée irrégulière d’une « convention nationale » au congrès statutaire.
  • Le flou administratif : Une absence de procès-verbaux de renouvellement des instances à la base et des nominations de dirigeants jugées non conformes.
  • Le défi à l’autorité : La poursuite d’activités politiques à l’étranger, en violation directe de la mesure de suspension initiale.

Vers une radiation définitive ?

Au-delà de cette nouvelle suspension, c’est l’avenir juridique de l’UFDG qui est désormais en jeu. Le Général CONDE s’appuie sur l’article 51 de la nouvelle Loi Organique (L/2025/035/CNT) pour fixer un ultimatum clair.

L’UFDG dispose d’un délai de six mois, courant à partir du 25 novembre 2025, pour opérer une mise en conformité intégrale. À l’expiration de ce délai, soit à la fin du mois de mai 2026, le parti risque la perte de son statut juridique, ce qui équivaudrait à sa radiation définitive de l’échiquier politique guinéen.

Un silence lourd de sens

Contactée, la direction nationale de l’UFDG a confirmé avoir reçu la notification officielle. Toutefois, le parti a choisi, pour l’heure, de ne pas commenter cette décision. Reste à savoir si Cellou Dalein DIALLO, actuellement en exil, et ses lieutenants choisiront la voie de la négociation administrative ou celle de la confrontation juridique pour sauver l’existence légale de leur formation.

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