Affaire M’Mah Sylla : Le procès en appel s’ouvre à Conakry, les médecins nient tout en bloc
Quatre ans après le drame qui a ému la Guinée, la Chambre criminelle de la Cour d’appel de Conakry a rouvert ce jeudi le dossier du décès tragique de M’Mah Sylla. Condamnés en première instance pour viol et avortement mortel, les prévenus contestent la sévérité des peines et demandent une révision des faits.
Un retour à la case départ judiciaire
Le feuilleton judiciaire de l’affaire M’Mah Sylla entame un nouveau chapitre. Ce jeudi 18 décembre 2025, la Cour d’appel de Conakry a relancé les débats dans ce dossier emblématique. Daniel Lamah, Patrice Lamah et leurs co-accusés, jugés pour des actes de viol, d’avortement suivi de mort et d’administration de substances nocives, font face à leurs juges pour une seconde lecture des faits.
Comme le veut la procédure en appel, le compteur est remis à zéro. Pour Me Halimatou Camara, avocate de la partie civile, cette étape est nécessaire : « On remet les boules à zéro. La Cour entend les accusés exprimer les motifs de leur appel. Ils expliquent à nouveau ce qui s’est passé. Nous sommes en pleine phase de débats », a-t-elle précisé à la sortie de l’audience.
Des peines jugées « excessives » par la défense
Au cœur de cette contestation, la sévérité du verdict rendu initialement par le tribunal de Mafanco. Pour rappel, Daniel et Patrice Lamah avaient été condamnés à 15 ans d’emprisonnement. Célestin Millimouno, toujours en fuite et considéré comme l’acteur principal du drame, avait écopé de 20 ans de réclusion criminelle par contumace. Un quatrième prévenu, Sébory Cissé, purgeait une peine d’un an pour mise en danger de la vie d’autrui.
Aujourd’hui, la stratégie de la défense est claire : nier l’évidence et minimiser les responsabilités. Les accusés réfutent désormais l’ensemble des charges, du viol aux coups et blessures ayant entraîné la mort sans intention de la donner.
Le combat pour la mémoire de M’Mah Sylla

M’Mah Sylla, secrétaire de 25 ans, était décédée en Tunisie en 2021 après avoir subi des interventions chirurgicales clandestines suite à un viol. Son calvaire est devenu le symbole de la lutte contre les cliniques illégales et les violences faites aux femmes en Guinée.
Face à la dénégation des accusés, la partie civile reste déterminée. « Je suis là pour me battre pour la mémoire de ma cliente en espérant que justice lui sera rendue », a martelé Me Halimatou Camara, balayant d’un revers de main les arguments des prévenus qui s’estiment injustement frappés par la loi.
Poursuite des débats en 2026
L’audience de ce jeudi n’était que le prélude d’un face-à-face qui s’annonce tendu. La Cour, après avoir écouté les premières dépositions, a décidé de renvoyer l’affaire au 15 janvier 2026. Ce jour-là, l’interrogatoire des prévenus se poursuivra, avec pour enjeu de déterminer si les lourdes peines de première instance seront confirmées ou révisées.
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