Alors que les chrétiens de Guinée s’apprêtent à célébrer la naissance du Christ, symbole de lumière et d’espoir, l’ambiance dans les marchés de la capitale reste contrastée. Entre l’envolée des prix des denrées alimentaires et le climat politique pesant à l’approche de la présidentielle, les fidèles tentent tant bien que mal de préserver la magie de la nativité.
Madina : Le défi du panier de la ménagère
Au cœur du marché de Madina, l’effervescence habituelle des veilles de fêtes peine à masquer une réalité économique morose. Pour Pauline Ouamouno, rencontrée entre deux étals, la préparation du réveillon ressemble à un parcours du combattant. « Je veux préparer un bon repas, car Noël, c’est la joie, et la joie passe aussi par l’assiette », confie-t-elle.

Cependant, son enthousiasme se heurte à la flambée des prix. Elle déplore une augmentation significative du coût des produits de base : « L’oignon, la viande et même le charbon de bois sont devenus hors de prix ». Un constat partagé par de nombreux ménages qui voient leur pouvoir d’achat s’effriter au moment où ils souhaitent honorer la tradition.
L’élégance et le sourire des enfants malgré tout
Malgré la cherté de la vie, certains pères de famille refusent de sacrifier le bonheur des plus petits. C’est le cas de Joseph Lamah, croisé dans les rayons de prêt-à-porter. Pour lui, la symbolique du 25 décembre passe aussi par l’apparence et le don. « Il faut bien paraître le jour de la fête », explique-t-il avec pudeur, tout en sélectionnant des habits neufs pour sa femme et ses enfants. Au-delà des vêtements, Joseph ne compte pas repartir les mains vides : les jouets restent une priorité pour « rendre les enfants joyeux » et maintenir vivante l’étincelle de Noël.
Cosa : L’ombre de l’élection présidentielle

Le contraste est encore plus frappant au marché de Cosa, où l’affluence est inhabituellement faible pour une veille de célébration. Facinet Tamba Leno, observateur de ce manque d’engouement, pointe du doigt un facteur majeur : le calendrier politique. « Il n’y a pas l’engouement des années précédentes. L’effet de la présidentielle se fait sentir ; beaucoup sont occupés par les campagnes », analyse-t-il.
En effet, cette année, la célébration de la « Lumière du monde » intervient dans un climat de tension et d’attente, à seulement quatre jours du scrutin présidentiel prévu le 28 décembre 2025. Un contexte décisif pour l’histoire de la Guinée qui semble, pour l’heure, prendre le pas sur les festivités religieuses.
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