Si la sécurité et l’organisation sont au rendez-vous de ce scrutin historique du 28 décembre, l’affluence, elle, brille par son absence dans de nombreux bastions de Conakry. De Lambandji à Yattaya, les présidents de bureaux de vote scrutent l’horizon dans l’attente d’un sursaut citoyen qui tarde à se manifester.
Conakry, le 28 décembre 2025 – La Guinée retient son souffle, mais ses électeurs semblent prendre leur temps. À la mi-journée, le constat est sans appel dans plusieurs communes de la capitale : le scrutin présidentiel se déroule dans une atmosphère de sérénité absolue, parfois à la limite de la léthargie électorale.
Lambandji et Dabompa : Le calme avant la foule ?
Au centre Alama Traoré de Lambandji, l’heure est à l’attente. Dans le bureau n°3, sur 403 inscrits, les bulletins tombent au compte-gouttes. « Tout se passe très bien, mais l’affluence reste faible », confesse Mamadou Bobo Barry, président du bureau, qui multiplie les appels à la mobilisation.
À Dabompa (Tombolia), le démarrage a été plus laborieux. Un retard à l’allumage dû à l’absence d’un guide technique a décalé l’ouverture du bureau n°2 à 8 heures. Une fois la machine lancée, le public n’a pas suivi pour autant. Sory Camara, l’un des rares électeurs matinaux, ne décolère pas face aux maisons restées pleines : « C’est un droit, les gens ne doivent pas rester chez eux ! »
Le « cas d’école » de Yattaya
C’est sans doute à Yattaya (Sonfonia) que le contraste est le plus saisissant. Au Collège Moderne, le bureau de vote a ouvert ses portes dans un silence de cathédrale : aucun électeur à l’appel lors des premiers pointages, malgré 164 inscrits. Une situation qui tranche radicalement avec l’effervescence constatée non loin de là, à l’école primaire Japon, prouvant que la mobilisation reste à géométrie variable selon les quartiers.
Les enjeux de l’après-midi
Si aucun incident majeur n’est à déplorer, cette timidité électorale interroge. Est-ce l’effet de la chaleur, une désaffection politique ou un simple décalage horaire des votants ?
- Sécurité : Totale et maîtrisée.
- Logistique : Globalement fonctionnelle après les réglages matinaux.
- Participation : Le grand défi de la seconde moitié de journée.
Les autorités électorales et les observateurs misent désormais sur un « rush » de fin de journée. Les prochaines heures seront décisives pour déterminer si ce calme est le signe d’une maturité démocratique ou celui d’un rendez-vous manqué avec les urnes.
Envoyé Spéciale : SOW Telico, pour conakryweb.com
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