Éducation en Guinée : Un accord historique scellé entre le Gouvernement et l’Intersyndicale

Après des semaines de négociations intenses sous l’égide du Conseil National du Dialogue Social, le Gouvernement guinéen et l’intersyndicale de l’éducation (FSPE, SLECG et SNE) ont signé, ce 3 janvier 2026, un protocole d’accord majeur. Entre revalorisations salariales, déblocage de situations administratives et nouvelles primes, ce compromis marque une étape décisive pour la stabilité du secteur éducatif guinéen.

 Le rideau vient de tomber sur un long processus de médiation dans les salles du Ministère du Travail et de la Fonction Publique. Ce samedi 3 janvier 2026, un protocole d’accord global a été paraphé, mettant un terme aux incertitudes qui pesaient sur le monde enseignant. Voici les points saillants de ce document de cinq pages qui redessine les conditions de vie des éducateurs.

Une bouffée d’oxygène financière : Primes et Indemnités en hausse

Le cœur de l’accord réside dans une revalorisation significative de plusieurs primes mensuelles, étalée sur l’année 2026 :

  • Prime de préparation : Elle passe de 100 000 GNF à 500 000 GNF. Une première hausse à 300 000 GNF interviendra dès février, suivie du solde en juillet.
  • Prime de craie : Suivant le même calendrier, elle grimpe de 125 000 GNF à 500 000 GNF.
  • Prime de documentation : Annuelle, elle est multipliée par cinq, passant de 300 000 GNF à 1 500 000 GNF.

En complément, les indemnités de logement (250 000 GNF) et de transport (200 000 GNF) seront versées de manière échelonnée entre mai et septembre 2026.

Fin du calvaire pour les salaires bloqués et les contractuels

Le protocole apporte des réponses concrètes à des dossiers sociaux brûlants. Une commission bipartite sera mise en place d’ici la fin janvier 2026 pour traiter le cas des agents dont les salaires sont bloqués depuis décembre 2023. Le gouvernement s’engage également au paiement intégral des primes amputées lors des mois de juillet et août 2025.

Pour les enseignants contractuels, l’espoir renaît. Une commission examinera les listes de ceux ayant participé aux évaluations biométriques. Si le sort des contractuels de Conakry reste lié aux prochains concours, l’accord stipule qu’ils bénéficieront d’une priorité à l’enregistrement, valorisant ainsi leur expérience de terrain.

Vers un nouveau statut particulier

Au-delà de l’aspect financier, c’est l’avenir structurel de la profession qui se joue. Les parties ont convenu de poursuivre, dès février 2026, la révision du statut particulier de l’éducation. Ce projet, déjà transmis aux autorités, vise à offrir un cadre juridique plus protecteur et valorisant pour les enseignants du pré-universitaire et de l’enseignement technique.

Un climat de responsabilité salué

Les signataires, dont M. Aboubacar Kourouma pour le gouvernement et les leaders syndicaux Aboubacar Soumah (SLECG), Michel Pépé Balamou (SNE) et Alpha Gassimou Barry (FSPE), se sont félicités de l’esprit de responsabilité qui a prévalu.

Ce protocole suspend officiellement le processus de négociation sur les autres points du mémorandum jusqu’à la signature définitive du nouveau statut particulier. Pour les observateurs, cet accord est un signal fort envoyé à la nation : celui d’une volonté commune de placer l’école guinéenne au-dessus des querelles corporatistes.

Reste désormais le défi de l’application scrupuleuse des échéanciers fixés, pour que la confiance entre l’État et ses enseignants soit durablement rétablie.

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