Coup de théâtre à la Cour suprême ce dimanche 4 janvier. Alors que l’institution proclamait les résultats définitifs de la présidentielle, le candidat du FRONDEG, arrivé deuxième avec plus de 6 % des suffrages, a créé la surprise en retirant son recours. Dysfonctionnements procéduraux, entraves à l’accès des avocats ou souci de préserver la paix sociale ? Nous avons consulté la lettre de désistement adressée par l’ancien ministre à la haute juridiction. Entre dénonciation d’un « procès inéquitable » et responsabilité républicaine, les dessous d’un retrait qui fait grand bruit. Récit.
C’est une décision qui a pesé lourd dans le dénouement judiciaire du scrutin du 28 décembre 2025. Abdoulaye Yéro Baldé, principal challenger du président élu selon les chiffres définitifs, a choisi de se rétracter. Mais loin d’être un blanc-seing accordé au processus, ce retrait est motivé par des griefs sévères consignés dans une correspondance datée du 3 janvier.
Des entraves dénoncées au siège de la Cour
Dans sa lettre adressée au Premier président de la Cour suprême, le candidat du FRONDEG pointe des « circonstances regrettables ». Il révèle que son équipe de défense a rencontré des difficultés majeures pour accéder simplement au siège de la haute juridiction.
Selon M. Baldé, il a fallu l’intervention personnelle du Bâtonnier de l’Ordre des avocats pour que son recours puisse être déposé. Un dysfonctionnement qu’il juge incompatible avec les standards d’une justice indépendante : « Les conditions minimales d’un procès juste et équitable ne sont plus garanties », assène-t-il dans son courrier.
Le choix du « sacrifice » pour la paix sociale
Au-delà de la bataille juridique qu’il estime biaisée, Abdoulaye Yéro Baldé invoque une raison d’État. Arrivé en deuxième position avec plus de 6 % des voix, le candidat dit avoir privilégié la stabilité des institutions dans un climat post-électoral fragile.
- L’argument phare : Ce désistement est présenté comme un acte de responsabilité pour éviter une crispation institutionnelle.
- La mise au point : « Ce désistement ne constitue ni un aveu ni un renoncement », précise-t-il avec fermeté, soulignant que ses convictions restent intactes.
Un retrait stratégique ?
En se retirant avant le délibéré, le leader du FRONDEG évite une probable validation de ses griefs par une Cour qu’il juge déjà « dysfonctionnelle », tout en se drapant dans la posture de l’homme d’État qui refuse de jeter de l’huile sur le feu. Une sortie de crise par le haut qui lui permet de rester le leader de l’opposition dans la future configuration politique guinéenne.
Conakryweb
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