Gouvernance : Quel socle politique pour le futur quinquennat de Mamadi Doumbouya ?

Invité sur le plateau de TV5 Monde, le porte-parole du gouvernement, Ousmane Gaoual Diallo, a esquissé les contours de l’avenir politique du Chef de l’État. Entre volonté de rester au-dessus des mêlées partisanes et nécessité d’obtenir une majorité législative pour gouverner, le ministre lève un coin du voile sur les réflexions en cours au sommet de l’Exécutif.

Une présidence « indépendante » hors des clans

Interrogé sur la création éventuelle d’une formation politique par le général Mamadi Doumbouya, Ousmane Gaoual Diallo a d’abord prôné la prudence : « Écoutez, on ne sait pas encore ce que le chef de l’État veut », a-t-il tempéré.

Le ministre a insisté sur la volonté du Président de la transition de ne pas se laisser « emprisonner » dans une logique clanique ou partisane. L’objectif affiché reste le rassemblement : faire en sorte que chaque Guinéen se reconnaisse dans la mission présidentielle. C’est d’ailleurs cette recherche de neutralité qui justifierait, selon lui, le choix d’une candidature indépendante pour le scrutin à venir, une stratégie qui, estime-t-il, a déjà porté ses fruits.

Le défi de la majorité parlementaire

Cependant, l’exercice du pouvoir se heurte tôt ou tard à la réalité institutionnelle. Le ministre a rappelé qu’une démocratie solide repose sur un équilibre entre l’Exécutif et le Législatif. « Des partis doivent concourir pour être à l’Assemblée nationale, qui sera l’autre pendant du pouvoir », a-t-il précisé.

Le nœud du problème est ici posé : comment diriger sans une base parlementaire solide ? Pour que l’exécutif puisse « imprimer sa marque pendant les sept années à venir », il lui faudra impérativement s’appuyer sur une majorité de députés acquis à sa cause.

Vers un parti « naturel » ou une coalition de soutien ?

L’interrogation demeure sur la forme que prendra cet appui politique. Ousmane Gaoual Diallo a ouvert plusieurs pistes sans en privilégier aucune :

  • Le Président encouragera-t-il la création d’une nouvelle force politique ?
  • Une structure se construira-t-elle spontanément autour de sa victoire pour lui offrir une « majorité suffisante » ?

Cette incertitude souligne l’enjeu des futures législatives : transformer l’adhésion au projet présidentiel en une force organisée capable de garantir au futur élu une liberté de gouverner sans entrave parlementaire.

SOW Telico

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