Conakry: une trentaine d’acteurs sociaux outillés sur la prévention, la gestion et la résolution pacifique des conflits électoraux

En prélude des échéances électorales à venir en république Guinée, le consortium Citoyens Pour la Paix et la Justice (CPJ-Guinée) / Appui à la Promotion du Développement Intégré (APRODI) a, avec l’appui technique de WANEP-Guinée et financier de l’union européenne, organisé les 7 et janvier 2025 à Conakry, un atelier de formation des leaders religieux, des chefs traditionnels, des autorités locales, des femmes et des jeunes sur la prévention, la gestion et la résolution pacifique des conflits électoraux.

L’objectif de cet atelier est de contribuer à garantir un processus électoral apaisé à travers le renforcement des capacités des leaders religieux, des chefs traditionnels, des autorités locales, des femmes et des jeunes à la prévention, la gestion et la résolution pacifique des conflits liés aux élections en Guinée.

Les attentes des organisateurs

120 participants (femmes, jeunes, leaders religieux, chefs traditionnels et autorités locales) sont outillés à Conakry, Kindia, Mamou et Labé, soit 30 par localité; Les acteurs connaissent mieux leur rôle et s’activent dans la veille citoyenne, l’alerte précoce et la médiation pendant le cycle électoral; Le démarrage effectif de synergies régionales multi-acteurs post-formation dans toutes les régions cibles; Un rapport final (avec 4 rapports d’étapes et le rapport sur l’identification) est produit et transmis au WANEP GUINÉE”.

Au micro de notre reporter, M. Alpha Diallo a, au nom du consortium dit que cette session s’inscrit dans le cadre du projet « Suivi, Analyse et Atténuation de la Violence Électorale (E-MAM 2023–2026) », mis en œuvre par WANEP-Guinée avec l’appui financier de l’Union européenne, que nous remercions pour son engagement constant en faveur de la paix et de la stabilité en Guinée.

Pour lui, la Guinée a franchi une étape importante avec la tenue de l’élection présidentielle le 28 décembre dernier. Toutefois, d’autres échéances électorales majeures restent à venir, notamment les élections législatives et communales, qui exigent une vigilance accrue afin de préserver la cohésion sociale et la paix dans nos communautés.

L’expérience nous enseigne que les périodes électorales peuvent être sources de tensions si elles ne sont pas accompagnées par des mécanismes efficaces de prévention et de dialogue. C’est pourquoi cet atelier revêt toute son importance”, a-t-il indiqué.

Poursuivant, M. Diallo a fait savoir que les leaders religieux, les femmes et les jeunes qui sont des acteurs essentiels de la paix au niveau communautaire peuvent contribuer à prévenir les conflits, à désamorcer les tensions et à promouvoir le vivre-ensemble grâce à leur proximité avec les populations, leur légitimité morale et leur capacité de mobilisation.

Durant ces deux journées de travaux, les participants ont été outillés sur l’analyse des enjeux et des risques liés aux prochaines échéances électorales; les techniques de médiation et de résolution pacifique des conflits; la promotion d’une veille citoyenne et d’actions concertées au niveau local.

De son côté, Mme Bintou Kouyaté, présidente de l’ONG Appui à la promotion du développement intégré (APRODI) est revenue sur les thèmes développés au cours de cette formation.

Nous avons développé plusieurs thèmes. D’abord, nous avons fait, une rétrospective de grands événements qui se sont passés en Guinée liés aux élections. Ensuite, nous avons parlé des conflits électoraux et des types de conflits, des acteurs. Nous avons également parlé de la prévention et de la gestion des conflits, des médiateurs, de la médiation. Et à la fin, nous avons mis en place une synergie de l’ensemble des acteurs sociaux qui sont mobilisés pour participer à cet atelier. Ils sont composés de leaders religieux, de chefs coutumiers, de coordination régionale, d’organisation de la société civile à travers les leaders de femmes, de jeunes, les autorités locales des communes et même des journalistes qui, en tant que jeunes leaders de leurs communes ont été identifiés pour créer ce groupe multi-acteurs afin que nous puissions circonscrire à temps certaines tensions qui pourraient vraiment empêcher la cohésion sociale”, a-t-elle expliqué.

À l’issue de cet atelier, Mme Bintou Kouyaté attend des participants, des actions rapides “parce que déjà à la fin de l’atelier, une synergie a été mise en place consensuellement par l’ensemble des participants, assortie d’un plan d’action sur quatre mois”.

Les participants ont mis en place une coordination de trois membres qui vont être chargés d’animer leur synergie et de veiller à la réalisation effective des activités qui ont été identifiées et qui sont planifiées.

Un message aux participants et à l’ensemble des citoyens guinéens

Je voudrais appeler nos participants à respecter leurs engagements parce que chaque fois qu’il y a des ateliers, il y a des recommandations, mais malheureusement, très souvent, c’est laissé dans les tiroirs. Deuxièmement, je fais appel à tous les citoyens guinéens et guinéennes à cultiver la paix sans laquelle, il n y a pas de développement. Nous devrons penser à notre passé. Nous avons eu des passés douloureux en Guinée. Nous ne voulons plus retomber dans ce modèle de vie. Nous voulons vraiment que les jeunes et les femmes, les religieux, les coordinations régionales s’engagent à poursuivre leurs actions qu’ils ont l’habitude de faire pour qu’on puisse vraiment maintenir cette paix qui est une denrée rare nécessaire à notre vie en commun”, a-t-elle lancé.

Satisfaite des outils qu’elle a reçus au cours de cet atelier de renforcement des capacités, Elisabeth Siré Tounkara, participante et membre de l’ONG Action pour la promotion de l’emploi en Guinée a vivement remercié les organisateurs de cette activité. “Désormais, je suis certaine de pouvoir identifier les causes et conséquences d’un conflit électoral, prévenir les conflits électoraux mais aussi mener une médiation pour résoudre pacifiquement un conflit électoral. Au retour à la base, je vais partager les connaissances acquises au cours de cette formation à tous les membres de mon ONG”, a-t-elle promis.

À travers ce projet, 120 leaders communautaires seront formés dans les régions de Conakry, Kindia, Mamou et Labé, avec pour objectif de réduire durablement les incidents violents en période électorale.

Aliou Barry pour Conaryweb.com

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