Le procès de l’ancien patron des Impôts s’est ouvert ce lundi 12 janvier 2026 dans une atmosphère électrique à la CRIEF. En l’absence du prévenu, que l’État considère « en fuite » quand sa défense invoque des « raisons de santé », la Cour a ordonné une vaste expertise sur ses avoirs bancaires et son patrimoine immobilier, s’étendant jusqu’à son cercle familial.
État contre Makhissa Camara : L’offensive sur le patrimoine
Dès l’entame de l’audience devant la chambre de jugement, le ton a été donné par la partie civile. L’Agent judiciaire de l’État, convaincu que « des fonds importants ont été détournés », a immédiatement réclamé un inventaire complet des actifs de l’ancien Directeur général des Impôts.
Le juge Yacouba Conté a accédé à cette requête en ordonnant au Gouverneur de la Banque centrale (BCRG) d’identifier tous les comptes bancaires du prévenu. Parallèlement, la Conservation foncière a été instruite de recenser ses biens immobiliers, ainsi que ceux de ses enfants, notamment dans les zones de Conakry et Kindia.
« En fuite » ou « en soins » ? Le bras de fer juridique
Le cœur des débats a porté sur le statut juridique d’Aboubacar Makhissa Camara. Pour l’État, le prévenu est en fuite, une situation qui, selon le juge, pourrait théoriquement le priver de défense. À l’opposé, Me Soufiane Kouyaté, qui a fait son entrée dans le dossier ce matin, soutient que son client est à l’étranger pour des raisons médicales.
Le tribunal a d’abord montré une certaine fermeté en refusant la lettre de constitution de l’avocat, avant de céder sous l’impulsion du Parquet. Le substitut du procureur a en effet rappelé un principe fondamental du droit : le caractère inaliénable du droit à la défense, « sans exception », même en l’absence de l’accusé.
Un mois pour comparaître
Après avoir finalement accepté la constitution de Me Kouyaté, la Cour a posé un premier jalon temporel. L’affaire est renvoyée au 16 février 2026. Ce délai devra permettre à la défense de prendre connaissance des pièces du dossier, mais surtout à l’accusé de préparer sa comparution.
L’issue de cette prochaine audience dépendra en grande partie des résultats des investigations bancaires et foncières ordonnées par la Cour, qui visent à figer les avoirs de l’ex-haut fonctionnaire avant d’aborder le fond des accusations de corruption et d’enrichissement illicite.
SOW Telico
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