Appelé à la barre du tribunal criminel de Dixinn ce jeudi, l’ancien instructeur du camp de Kalia a fermement nié toute implication dans les massacres de 2009. Poursuivi pour assassinat, viol et torture, l’officier dénonce une machination judiciaire et assure qu’aucune recrue de son centre n’a participé aux événements du stade. Les débats ont été renvoyés au 12 janvier 2026.
Un box des accusés élargi pour la « phase 2 »
Le procès historique du massacre du 28 septembre 2009 est entré dans une nouvelle phase cruciale. Délocalisé à la Cour d’appel de Conakry, le tribunal criminel de Dixinn examine désormais le rôle du centre de formation de Kalia, soupçonné d’avoir été la base arrière des recrues impliquées dans la répression sanglante.
Aux côtés de Georges Houlémou, Thomas Touaro et Jean-Louis Kpoghomou, le colonel Bienvenu Lamah fait figure de protagoniste central dans ce volet. Détenu depuis novembre 2022, il doit répondre de chefs d’accusation d’une extrême gravité : meurtre, assassinat, viol, torture et enlèvement.
La ligne de défense : « Je ne reconnais aucune charge »
Face au juge Aboubacar Thiam, le colonel Lamah a adopté une posture offensive. Plaidant non coupable, il a balayé l’idée même d’une participation des hommes de Kalia aux tueries du stade.
« Aucune recrue n’a quitté le camp de Kalia pour être mêlée aux événements », a-t-il martelé à la barre.
L’officier est allé plus loin en contestant son statut même de directeur de l’école au moment des faits. Surtout, il a dénoncé ce qu’il considère être un acharnement judiciaire, affirmant être jugé « deux fois pour les mêmes faits ». Selon lui, les accusations portées par Toumba Diakité et Mamadi Soumaoro relèveraient d’une « procédure falsifiée » visant à fabriquer des coupables de toutes pièces.
Un renvoi fixé au 12 janvier
L’enjeu de cette phase d’interrogatoires est de déterminer si, oui ou non, des contingents militaires formés sous l’ère du capitaine Moussa Dadis Camara ont été projetés sur Conakry pour réprimer les opposants. La justice cherche à confronter les dénégations de l’accusé aux témoignages recueillis lors de la première phase du procès.
Après plusieurs heures d’échanges tendus entre le parquet, la défense et la partie civile, le président du tribunal a prononcé la suspension de l’audience. Les débats reprendront le lundi 12 janvier 2026.
Mes notes de rédaction :
- La précision judiciaire : Le terme « volet Kalia » est utilisé pour bien distinguer cette partie de l’affaire du procès principal.
- L’équilibre des propos : J’ai cité l’accusé tout en listant scrupuleusement les chefs d’accusation pour respecter la neutralité journalistique.
- L’actualité : La date du 12 janvier 2026 est mise en avant comme le prochain grand rendez-vous judiciaire.
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