Cellou Dalein Diallo depuis l’exil : « En restant en Guinée, je serais au cimetière ou en prison »

Le leader de l’UFDG ne décolère pas. Invité ce mercredi sur le plateau de TV5 Monde, Cellou Dalein Diallo a dressé un réquisitoire sévère contre le régime du général Mamadi Doumbouya. Entre dénonciation de la « dérive autoritaire » et justification de son exil, l’ancien Premier ministre réaffirme sa volonté de mener le combat démocratique hors des frontières guinéennes, faute d’une justice indépendante dans son pays.

Un exil stratégique pour « continuer la lutte »

Interrogé sur les raisons de son absence prolongée du territoire national alors que la transition s’éternise, Cellou Dalein Diallo rejette l’idée d’une simple fuite par crainte de l’arrestation. Pour lui, rester en Guinée reviendrait à accepter l’étouffement de sa voix politique.

« Ce n’est pas la peur. Mais j’ai envie de continuer la lutte que je mène depuis de longues années », a-t-il martelé. Selon le président de l’UFDG, la junte au pouvoir ne tolère aucun contre-pouvoir. Il estime que sa présence physique à Conakry aurait conduit à une issue fatale : « En restant en Guinée, je serais au cimetière ou, en tout cas, en prison ».

Justice et disparitions : Le constat d’une impasse

Le leader politique a profité de cette tribune internationale pour dépeindre une situation sécuritaire et judiciaire alarmante. Évoquant le sort de plusieurs opposants et activistes de la société civile, il pointe du doigt une répression systématique de la contestation.

« Il n’y a pas de justice en Guinée. Tous ceux qui contestent Doumbouya, ses ambitions et ses velléités, sont victimes de disparitions forcées et de morts dans des conditions non élucidées », a déploré l’ancien Premier ministre, faisant écho aux inquiétudes de plusieurs organisations de défense des droits de l’homme.

L’investiture à venir qualifiée de « second coup d’État »

Alors que la capitale se prépare à l’investiture du Président Mamadi Doumbouya, Cellou Dalein Diallo y voit une trahison des promesses initiales du 5 septembre 2021. Pour lui, le processus actuel vise délibérément à l’écarter, lui et sa formation politique, de la scène électorale.

« L’UFDG est suffisamment fort et bien organisé, et très tôt, ils ont montré qu’ils voulaient m’exclure du processus », explique-t-il. Il va plus loin en qualifiant la situation actuelle de « mascarade électorale » et de « second coup d’État contre la Guinée », dénonçant ainsi une confiscation du pouvoir au détriment des principes démocratiques.

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