Le protocole est immuable, le suspense total. Quelques heures seulement après la prestation de serment du Président Mamadi Doumbouya, l’actuelle équipe gouvernementale s’apprête à remettre son tablier. Entre dîner d’adieu à la cité ministérielle et confidence de fin de règne, tous les signaux pointent vers une démission collective imminente. Bah Oury sera-t-il l’homme de la reconduction ou le premier fusible de ce nouveau mandat ?
Le rituel de la table rase
C’est une règle non écrite mais scrupuleusement respectée dans nos Républiques : nouveau mandat, nouveau souffle. L’installation officielle du Président Mamadi Doumbouya ce samedi 17 janvier enclenche mécaniquement le compte à rebours pour l’équipe de la Colombe. Comme le veut la tradition républicaine, Amadou Oury Bah doit, dans les prochaines heures ou jours, présenter la démission de son gouvernement au Chef de l’État. Une formalité qui laisse les mains libres au Président pour redessiner son architecture politique.
Les signes qui ne trompent pas : un dîner aux allures d’adieu
Dans les couloirs du pouvoir, on s’activait déjà bien avant la cérémonie de Nongo. La semaine dernière, le Premier ministre a convié ses ministres à un dîner à son domicile de la cité ministérielle. Si l’ambiance se voulait cordiale, le message en filigrane était clair : c’était le chant du cygne pour cette équipe-là.
« Le dernier conseil » : les confidences de Bah Oury
Selon nos informations, lors du dernier conseil interministériel tenu au Palais de la Colombe, l’économiste nommé en février 2024 n’a pas fait de mystère sur le futur proche. Sans ambiguïté, il a informé ses collaborateurs qu’il s’agissait du dernier conseil sous la configuration actuelle. Une manière élégante de préparer ses troupes à l’éventualité d’un départ massif ou d’un remaniement profond.
Reconduction ou rupture ?
La question brûle désormais toutes les lèvres à Conakry : le Président Doumbouya va-t-il miser sur la continuité avec un Bah Oury qui connaît les dossiers, ou va-t-il profiter de cet élan pour injecter du sang neuf ? Une chose est sûre, la balle est dans le camp du Palais Mohammed V.
Le « Baromètre du Remaniement » : 5 ministres sur la sellette ?
1. Ousmane Gaoual Diallo (Transports & Porte-parole)
- Le profil : L’éternel pare-chocs. Omniprésent, il a porté la parole de la Transition dans les moments les plus rudes.
- Pourquoi ça vacille ? Son exposition médiatique extrême l’a usé auprès d’une partie de l’opinion. Pour un septennat qui se veut celui de la « réconciliation », le Président pourrait être tenté de changer de visage pour la communication gouvernementale.
- Verdict : Risque de permutation ou sortie pour une « cure de repos ».
2. Aboubacar Camara (Énergie, Hydraulique & Hydrocarbures)
- Le profil : Le technicien au cœur de la tempête.
- Pourquoi ça vacille ? Malgré ses efforts, les délestages récurrents et les tensions sur les hydrocarbures restent le tendon d’Achille du régime. En politique, quand l’électricité manque, c’est souvent le ministre qui saute pour calmer la grogne sociale.
- Verdict : Le fusible n°1 en cas de mécontentement populaire persistant.
3. Dr Morissanda Kouyaté (Affaires Étrangères)
- Le profil : Le doyen diplomatique. Il a réussi à maintenir la Guinée sur la scène internationale malgré les sanctions de la CEDEAO et de l’UA.
- Pourquoi ça vacille ? L’élection présidentielle étant passée, la Guinée entre dans une phase de « normalisation » internationale. Un profil plus « diplomate de carrière » ou plus jeune pourrait être appelé pour rafraîchir l’image du pays.
- Verdict : Départ possible avec les honneurs (ambassade de prestige).
4. Mourana Soumah (Économie et Finances)
- Le profil : Le gardien du trésor.
- Pourquoi ça vacille ? Le coût de la vie et l’inflation restent les préoccupations majeures. Si Doumbouya veut marquer le coup d’une « nouvelle ère économique » pour son septennat, il pourrait appeler un économiste issu de la diaspora ou des institutions internationales (FMI/Banque Mondiale).
- Verdict : Très incertain, dépendant du choix du futur Premier Ministre.
5. Ibrahima Kalil Condé (Administration du Territoire)
- Le profil : L’homme de l’ombre qui a piloté le processus électoral de décembre 2025.
- Pourquoi ça vacille ? Sa mission « Transition » est techniquement terminée avec l’investiture. Le passage à une ère de décentralisation plus poussée pourrait nécessiter un profil moins martial et plus politique.
- Verdict : Mission accomplie, mais changement probable pour rajeunir l’appareil.
« Selon vous, quel ministre doit absolument rester ? ».
Conakryweb.com
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