Conakry : Le retour des vendeuses sur le bitume défie l’autorité, la police promet « l’offensive » dès mercredi

Le vernis de l’investiture craque déjà. Moins d’une semaine après le départ des délégations, les vendeuses réinvestissent les artères de la capitale, entre Cosa et la Tannerie. Face à ce qu’elles décrivent comme un manque de places dans les marchés, les autorités communales et la police durcissent le ton : l’ultimatum expire ce mardi soir. Dès demain, c’est le retour de la manière forte.

Le jeu du chat et de la souris sur l’axe Cosa-Tannerie

L’image « reluisante » de Conakry n’aura duré que le temps des cérémonies. Ce lundi 19 janvier, le constat est cinglant : le commerce informel a repris ses droits sur le goudron. Les étals fleurissent de nouveau là où, il y a quelques jours à peine, les bulldozers faisaient place nette pour le passage du cortège présidentiel.

« On est en danger, mais on n’a nulle part où aller »

Pour ces femmes, le retour sur la chaussée n’est pas un acte de rébellion, mais de survie. « Les marchés sont saturés, aménagez-nous des places et nous partirons », plaide une vendeuse sous couvert d’anonymat. Une autre renchérit, lucide sur les risques : « Nous savons que nous sommes en danger ici, entre les voitures et la police, mais l’État doit nous trouver une alternative. » Derrière le désordre urbain, c’est la fracture sociale qui s’exprime.

Lambanyi tape du poing sur la table

La patience des autorités a atteint ses limites. Safa Bira Mané, président de la Délégation spéciale de Lambanyi, ne fait pas de quartier : « Toute personne déguerpie qui revient sera envoyée à Eco 18, sans gêne. Il n’y aura aucune complaisance. » Un discours de fermeté qui peine pourtant à masquer le flou dans la chaîne de commandement. Si la police assure avoir passé le relais aux communes, elle reconnaît aussi que ses « priorités » ont changé après l’investiture, laissant un vide dans lequel les commerçantes se sont engouffrées.

L’ultimatum de la dernière chance : Mercredi, tout bascule

La récréation est officiellement terminée. Dans un communiqué publié ce lundi, la Direction Générale de la Police Nationale (DGPN) siffle la fin de la tolérance. L’Administrateur Général de Police, Djenaba Sory Camara, est formel : la phase de sensibilisation est morte.

  • Mardi 20 janvier au soir : Date limite pour libérer volontairement les emprises.
  • Mercredi 21 janvier : Lancement de l’offensive policière et démolition des installations manu militari.

Entre l’impératif de mobilité urbaine et la détresse économique des ménages, Conakry s’apprête à vivre un mercredi sous haute tension. La question reste entière : déguerpir, d’accord, mais pour les envoyer où ?

SOW Telico

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