Conakry : Le scandale des rails-dépotoirs, un enfer toxique pour les riverains de l’axe Cimenterie–Sonfonia

À Conakry, les rails ferroviaires ne voient plus seulement passer les trains ; ils croulent sous des montagnes d’immondices. Entre la Cimenterie et Sonfonia, le cadre de vie s’est transformé en un véritable dépotoir à ciel ouvert où l’air devient irrespirable. Entre l’accumulation sauvage des déchets et les fumées toxiques des incinérations nocturnes, les populations riveraines tirent la sonnette d’alarme face à un abandon total des autorités.

Le rail, nouveau « no man’s land » de la gestion des déchets

Le constat sur l’axe Cimenterie–Sonfonia est une insulte à l’urbanisme. Faute de ramassage régulier et de surveillance, les emprises ferroviaires servent désormais de décharge improvisée. Ici, les rails disparaissent sous des couches de déchets accumulés depuis des années. Ce n’est plus de l’insalubrité, c’est une faillite du contrôle public qui a transformé un axe stratégique de transport en un cloaque urbain.

Incinérations sauvages : on respire du poison

Au-delà de l’odeur nauséabonde, c’est la pratique de l’incinération qui terrorise les habitants. Faute de voir les camions de ramassage, certains brûlent leurs ordures à même le sol. « Ça fait des années que la zone est comme ça. Le plus grave, c’est que certains brûlent ces déchets. La fumée se répand dans tout le quartier et cela nous cause des problèmes de santé », témoigne un jeune riverain, le regard las. Chaque nuit, ce sont des fumées chargées de plastiques brûlés qui envahissent les chambres à coucher, menaçant directement la santé respiratoire des enfants et des vieillards.

Silence radio des autorités, détresse des citoyens

Pourquoi un tel laisser-faire sur un axe si fréquenté ? La question est sur toutes les lèvres. L’accumulation des déchets n’est pas qu’une affaire de civisme ; c’est le reflet d’une chaîne de gestion des ordures qui s’arrête là où commencent les quartiers populaires. Pour les habitants, le temps de la « sensibilisation » est révolu. Ce qu’ils réclament aujourd’hui, c’est :

  • Une évacuation d’urgence de ces montagnes de déchets.
  • Une brigade de surveillance pour empêcher les dépôts sauvages.
  • Un aménagement durable des emprises ferroviaires pour éviter leur réoccupation.

L’urgence sanitaire au cœur des quartiers

On ne peut plus se contenter de détourner les yeux. Entre les maladies respiratoires liées aux fumées et la prolifération des vecteurs de maladies (moustiques, rats) dans les déchets, l’axe Cimenterie–Sonfonia est une poudrière sanitaire. Si rien n’est fait, cette pollution qui gangrène la capitale finira par coûter plus cher à l’État en frais de santé qu’un véritable plan de ramassage.

SOW Telico

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