Investiture de Mamadi Doumbouya : La mise en garde musclée de la Cour Suprême contre les « rapports enivrants »

C’est un discours qui fera date. Lors de la prestation de serment du Président Mamadi Doumbouya, ce 17 janvier 2026, le premier magistrat du pays, Fodé Bangoura, a troqué la flatterie pour la franchise. En exhortant l’élu à se méfier des certitudes de palais et des documents officiels trop lisses, la Cour Suprême a tracé la feuille de route d’un pouvoir qui doit rester ancré dans la souffrance du peuple. Morceaux choisis d’une leçon de gouvernance.

Le danger des « rapports officiels » : Le cri du cœur de Fodé Bangoura

Dans le cadre solennel du Stade Général Lansana Conté, Fodé Bangoura n’a pas mâché ses mots. Pour lui, le premier piège qui guette le Président réélu le 28 décembre dernier est celui de l’isolement bureaucratique. Son conseil ? Fuir la superficialité. « Refusez, Monsieur le Président de la République, de vous contenter uniquement des documents enivrants et des rapports officiels », a lancé le premier Président de la Cour Suprême. Un appel direct à l’investigation personnelle, loin du confort des salons dorés.

« Gouverner, c’est descendre au fond des choses »

Le magistrat a insisté sur la nécessité pour le chef de l’État de garder une connexion directe avec la réalité guinéenne, celle qui ne se trouve pas toujours dans les statistiques. L’exhortation est claire : pour tenir la barre, le Président doit laisser la « souffrance du plus humble des Guinéens » peser sur sa conscience. C’est cet ancrage dans le réel qui, selon Bangoura, permettra à Doumbouya de rester immobile face aux tempêtes de l’adversité.

Les trois piliers du nouveau mandat : Vérité, Audace et Justice

Le discours a résonné comme un manuel de survie politique. Pour marquer l’histoire et ne pas seulement « occuper » le fauteuil présidentiel, Fodé Bangoura a listé les impératifs :

  • Le courage de l’investigation : Ne jamais se satisfaire des premières réponses.
  • La remise en question : « Questionnez vos certitudes comme vos incertitudes ».
  • La Justice comme horizon : Elle doit être le socle indestructible de la prospérité à venir.

Un défi pour l’histoire

En terminant son allocution, le premier Président de la Cour Suprême a placé Mamadi Doumbouya devant ses responsabilités historiques. Le message est limpide : le pouvoir n’a de sens que s’il relie la terre des ancêtres aux aspirations de dignité du peuple. « Si vous tenez la ligne », a-t-il conclu, le Président ne sera pas qu’un dirigeant de plus, mais le bâtisseur d’une nation sur des socles indestructibles.

SOW Telico

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