Il fut un temps où Bah Oury semblait seul contre tous. Exilé, critiqué, parfois effacé de la scène politique qu’il avait pourtant contribué à bâtir, il a longtemps porté son combat dans le silence et la constance. Entre 2013 et 2020, alors que beaucoup doutaient de sa survie politique, lui continuait d’avancer, animé par une conviction profonde : la Guinée devait retrouver l’ordre constitutionnel par une transition apaisée et responsable.
Écarté de l’UFDG, le parti qu’il a cofondé, victime de campagnes de diabolisation et d’un isolement politique assumé, Bah Oury n’a jamais renoncé à sa vision. Autour de lui, peu de monde : quelques jeunes militants convaincus, des intellectuels engagés, et surtout une foi intacte en son idéal de leadership. Dans l’arène politique guinéenne, il prêchait parfois dans le désert, mais il prêchait juste.
Bien avant l’arrivée du CNRD, il défendait déjà l’idée d’une transition comme passerelle vers une démocratie stable. Cette posture, longtemps incomprise, trouvera un écho inattendu avec l’accession au pouvoir du Général Mamadi Doumbouya. En février 2024, ce dernier lui tend la main et lui confie la Primature, dans un contexte social et politique sous haute tension.
À son arrivée, les défis sont immenses : une pression syndicale forte, la menace de grèves illimitées, un calendrier électoral à bâtir, des élections référendaires et présidentielles à organiser, tout en poursuivant les chantiers structurants de la transition. Beaucoup parlent alors d’une mission impossible.
Mais Bah Oury choisit une autre voie : celle du dialogue, de l’écoute et de la responsabilité. Sans éclats inutiles, il prend les dossiers un à un, parle aux syndicats, rassure sans promettre l’impossible, et assume pleinement la vision du Général Mamadi Doumbouya. Peu à peu, le climat s’apaise, les échéances se précisent et la transition avance.
Ce travail de l’ombre finira par porter ses fruits. La confiance s’installe entre les deux hommes. Logiquement, Bah Oury est désigné directeur de campagne nationale du candidat Mamadi Doumbouya lors de l’élection présidentielle du 28 décembre. Une campagne menée avec méthode, proximité et discipline, qui se soldera par une victoire dès le premier tour.
Aujourd’hui, Bah Oury n’est plus seulement un ancien opposant ou un rescapé politique. Il est devenu l’un des visages clés de la transition guinéenne. Son parcours rappelle qu’en politique, la patience, la constance et la fidélité à ses convictions peuvent, parfois, transformer une traversée du désert en destin national.
conakryweb
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