Le Premier ministre Amadou Oury Bah passe à la vitesse supérieure. Dans une correspondance confidentielle dont nous avons obtenu copie, le Chef du gouvernement somme ses ministres de préparer, sans délai, leurs dossiers de passation de charges. Entre audit de gestion et anticipation d’un mouvement gouvernemental, la Primature exige une transparence totale sur l’action de l’État.
L’ambiance risque d’être électrique dans les couloirs des départements ministériels ces prochains jours. Par le biais d’une lettre signée de Tamba Benoit Kamano, Ministre Secrétaire général du Gouvernement, le message est tombé comme un couperet le 15 janvier dernier : il faut « anticiper les futures passations de service ».
Une « Check-list » qui ne laisse rien passer
Finies les passations de pure forme où l’on se contente de serrer des mains devant les caméras. Bah Oury, fidèle à sa réputation d’homme de rigueur et de tact, veut du lourd, du concret. Les dossiers de sortie devront désormais être des radiographies complètes de chaque ministère :
- États financiers : Budgets alloués, lois de finances rectificatives et même le fameux douzième provisoire.
- Bilan opérationnel : Taux de réalisation des projets et copies certifiées des Plans d’Action Opérationnels (PAO) pour 2025 et 2026.
- Transparence administrative : Une synthèse de tous les décrets et arrêtés pris durant le mandat.
- Vérité sur les chantiers : Un focus sans concession sur les blocages, les délais de livraison et les perspectives des projets en cours.
La continuité de l’État au scalpel
Officiellement, il s’agit d’assurer la « régularité et la continuité de l’action de l’État ». Officieusement, pour tout observateur averti de la scène politique guinéenne, cela ressemble fort à un inventaire avant fermeture des rideaux pour certains.
Nommé en février 2024, Amadou Oury Bah semble vouloir verrouiller la gestion de son équipe pour éviter les surprises de dernière minute. En exigeant une « véritable transmission des dossiers », le locataire du Palais de la Colombe rappelle à ses ministres qu’ils ne sont que de passage et que chaque franc guinéen dépensé doit être justifié.
Le compte à rebours est lancé. Reste à savoir qui, parmi l’équipe actuelle, franchira le cap de cette évaluation musclée.
Conakryweb.com
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