La trêve aura été de courte durée. Dès ce mercredi matin, les équipes de déguerpissement ont investi le rond-point de Matoto, marquant la reprise musclée des opérations de libération des emprises publiques. Entre détermination étatique et désarroi des commerçants, la capitale renoue avec sa politique de « tolérance zéro » contre l’occupation anarchique.
L’horloge affichait à peine 9 heures quand le vrombissement des engins de chantier a brisé l’ambiance habituelle du marché. Escortés par un dispositif policier dissuasif, les agents du gouvernorat et les cadres communaux ont lancé l’offensive. Le message est limpide : l’investiture du Général Mamadi Doumbouya n’était qu’une virgule ; le programme de déguerpissement, lui, s’écrit en majuscules.
Nettoyage systématique au bulldozer
Sur place, le spectacle est saisissant. Les étals de fortune, les baraques et les hangars qui grignotaient la chaussée depuis des années ont été broyés en quelques minutes. Les bulldozers n’ont fait aucun sentiment, démolissant systématiquement chaque installation jugée illégale sur les artères principales.
Pour les commerçants, c’est la course contre la montre. Sous le regard des forces de l’ordre, beaucoup tentaient désespérément d’extraire leurs marchandises des magasins de fortune avant le passage des machines. Une scène de chaos organisé pour un objectif de salubrité publique : désengorger une zone où la circulation était devenue un calvaire quotidien.
Le défi de la durée : l’éternel recommencement ?
Si cette première journée de relance est un succès logistique pour les autorités, une question brûle toutes les lèvres à Matoto : pour combien de temps ?
On connaît la chanson : les machines passent, le bitume respire, puis, quelques semaines plus tard, les premiers parasols réapparaissent. Le véritable test pour les autorités communales ne sera pas la démolition de ce mercredi, mais leur capacité à maintenir ces espaces vides. Sans mesures pérennes ou alternatives crédibles pour ces vendeurs, le jeu du chat et de la souris pourrait bien reprendre de plus belle.
SOW Telico
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