Classée 142ème mondiale, la Guinée stagne dans les bas-fonds du classement de Transparency International. Entre opacité autour du projet Simandou et salaires de misère dans la fonction publique, les acteurs de la société civile tirent la sonnette d’alarme : sans transparence totale et revalorisation salariale, la CRIEF restera un coup d’épée dans l’eau.
Un diagnostic sans concession
Le score de 26/100 attribué par Transparency International n’est pas une surprise pour les observateurs. Malgré la création de la CRIEF, plusieurs « zones d’ombre » plombent la crédibilité du pays :
- Le silence des coffres : L’absence de déclaration de biens par de nombreux hauts responsables.
- L’opacité minière : Les réticences à publier les documents contractuels liés au méga-projet Simandou.
- L’inertie judiciaire : Des dossiers brûlants de « clameur publique » restés sans instruction.
Le lien entre corruption et bas salaires
Pour Ibrahima Balaya Diallo, président du Forum civil guinéen, on ne peut pas demander l’intégrité à un cadre qui survit. Le constat est mathématique :
« Avec 4 ou 5 millions de GNF par mois, un cadre ne vit pas, il survit. C’est la porte ouverte à toutes les tentations. »
Les propositions de la société civile :
- Un SMIG à 5 millions GNF minimum dans la fonction publique.
- Des salaires de 15 à 20 millions GNF pour les postes stratégiques afin de « blinder » les agents contre la corruption.
- Moralité des nominations : Mettre l’éthique au-dessus de l’appartenance politique.
S’inspirer du modèle sénégalais
Face à l’impunité, Moussa Iboun Conté et ses pairs appellent à un renforcement législatif inspiré des voisins :
- Protection des lanceurs d’alerte : Adopter une loi similaire à celle du Sénégal pour libérer la parole citoyenne.
- Collaboration État/Société civile : Passer de la méfiance à un partenariat de contrôle mutuel.
- Implication des jeunes : Faire de la transparence un débat citoyen à la base.
Si le retour à l’ordre constitutionnel est perçu comme une lueur d’espoir, la société civile prévient : la lutte contre la corruption passera d’abord par l’assiette des fonctionnaires et la lumière sur les contrats miniers.
SOW Telico
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