Indice de corruption 2025 : La Guinée au pied du mur, la société civile réclame un « choc de décence »

Classée 142ème mondiale, la Guinée stagne dans les bas-fonds du classement de Transparency International. Entre opacité autour du projet Simandou et salaires de misère dans la fonction publique, les acteurs de la société civile tirent la sonnette d’alarme : sans transparence totale et revalorisation salariale, la CRIEF restera un coup d’épée dans l’eau.

Un diagnostic sans concession

Le score de 26/100 attribué par Transparency International n’est pas une surprise pour les observateurs. Malgré la création de la CRIEF, plusieurs « zones d’ombre » plombent la crédibilité du pays :

  • Le silence des coffres : L’absence de déclaration de biens par de nombreux hauts responsables.
  • L’opacité minière : Les réticences à publier les documents contractuels liés au méga-projet Simandou.
  • L’inertie judiciaire : Des dossiers brûlants de « clameur publique » restés sans instruction.

Le lien entre corruption et bas salaires

Pour Ibrahima Balaya Diallo, président du Forum civil guinéen, on ne peut pas demander l’intégrité à un cadre qui survit. Le constat est mathématique :

« Avec 4 ou 5 millions de GNF par mois, un cadre ne vit pas, il survit. C’est la porte ouverte à toutes les tentations. »

Les propositions de la société civile :

  1. Un SMIG à 5 millions GNF minimum dans la fonction publique.
  2. Des salaires de 15 à 20 millions GNF pour les postes stratégiques afin de « blinder » les agents contre la corruption.
  3. Moralité des nominations : Mettre l’éthique au-dessus de l’appartenance politique.

S’inspirer du modèle sénégalais

Face à l’impunité, Moussa Iboun Conté et ses pairs appellent à un renforcement législatif inspiré des voisins :

  • Protection des lanceurs d’alerte : Adopter une loi similaire à celle du Sénégal pour libérer la parole citoyenne.
  • Collaboration État/Société civile : Passer de la méfiance à un partenariat de contrôle mutuel.
  • Implication des jeunes : Faire de la transparence un débat citoyen à la base.

Si le retour à l’ordre constitutionnel est perçu comme une lueur d’espoir, la société civile prévient : la lutte contre la corruption passera d’abord par l’assiette des fonctionnaires et la lumière sur les contrats miniers.

SOW Telico

Be the first to comment

Leave a Reply

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*


Conakry web