Législatives en Guinée : Qui peut (vraiment) siéger au futur Parlement ?

Alors que le calendrier électoral se précise sous l’impulsion du Président Mamadi Doumbouya, la course à l’hémicycle est lancée. Mais attention : franchir les portes de l’Assemblée nationale exige bien plus qu’une simple ambition. Entre critères d’âge, parrainages et incompatibilités de fonctions, voici le décryptage du nouveau code électoral pour tout candidat à la députation.

Le « Carré d’As » de l’éligibilité (Article 156)

Pour que votre dossier passe le premier filtre, l’article 156 impose quatre conditions cumulatives. Pas une de moins :

  • Nationalité : Être Guinéen de plein droit.
  • Âge : Avoir entre 21 ans minimum et 80 ans maximum.
  • Droits civiques : Jouir de l’intégralité de ses droits civils et politiques.
  • Soutien politique : Être investi par un parti légal ou figurer comme indépendant (sous réserve de valider l’étape du parrainage).

Les cartons rouges : Qui est disqualifié ? (Article 157)

Le législateur a dressé une liste précise des profils jugés inaptes à briguer un mandat national. Sont exclus d’office :

  • Incapacité juridique : Les personnes déclarées incapables ou souffrant de démence.
  • Casier judiciaire : Toute condamnation définitive pour crime ou délit entraînant l’inéligibilité (hors réhabilitation).
  • Naturalisés récents : Les citoyens naturalisés depuis moins de 10 ans, sauf résidence régulière ininterrompue depuis le décret.

Note importante : Les Gouverneurs, Préfets et Secrétaires Généraux (préfectures et communes) ne peuvent pas se présenter dans la circonscription où ils exercent — ou ont exercé — durant l’année précédant le scrutin.

3. État ou Parlement : Il faut choisir (Incompatibilités)

Pour éviter les conflits d’intérêts et préserver la séparation des pouvoirs, le code électoral impose une démission ou une mise en disponibilité aux hauts fonctionnaires et responsables publics.

Sont notamment concernés :

  • Membres du Gouvernement et chefs d’institutions.
  • Diplomates, Magistrats et Militaires/Paramilitaires.
  • Cadres de la Banque Centrale et Recteurs d’université.
  • Directeurs d’entreprises publiques (EPA) et gestionnaires de projets publics.
  • Comptables publics et responsables des corps de contrôle de l’État.

L’enjeu : Une transparence sans faille

Ce cadre strict n’est pas là par hasard. Il vise à garantir que chaque futur député soit libre de toute pression administrative et que la compétition soit équitable. En limitant la mainmise des gestionnaires de deniers publics sur le jeu électoral, la Guinée cherche à stabiliser son socle démocratique.

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