Démographie : Bah Oury explique pourquoi les hommes « désertent » le Fouta Djallon

À l’occasion de la publication des résultats du RGPH-4, le Premier ministre a levé le voile sur un paradoxe frappant : le déficit d’hommes dans les régions de Labé et Mamou. Diagnostic : une émigration massive qui laisse les femmes en première ligne, mais un espoir de « retour au pays » porté par la croissance.

Le « vide » masculin : Pita, épicentre de l’exode

Le constat est sans appel : dans certaines préfectures, les hommes sont les grands absents des statistiques. Le rapport de masculinité y atteint des seuils historiquement bas.

  • Pita : Seulement 72 hommes pour 100 femmes. C’est le record national du déséquilibre.
  • Labé : 77 %.
  • Mamou : 79 %.

« La plupart des gens de Pita sont à Dakar ou à l’étranger. Les femmes se retrouvent souvent seules et doivent assurer la survie du foyer par leurs propres moyens », a souligné Bah Oury.

1983 – 2026 : Le baromètre des crises nationales

Pour le chef du gouvernement, ces chiffres racontent l’histoire politique de la Guinée. L’évolution du taux de masculinité suit les soubresauts du pays :

L’après 1984 : Un vent de retour après la chute du premier régime (taux à 97 %).

L’ère des crises : Conflits régionaux (Sierra Leone, Libéria) et mauvaise gouvernance ont poussé la jeunesse vers l’exil.

Aujourd’hui : Une stabilisation à 93 % qui reflète une attente.

    Le pari du Premier ministre : « L’appel d’air » économique

    Bah Oury anticipe un basculement. Selon lui, la dynamique économique actuelle va transformer la Guinée en terre d’opportunités, provoquant un retour des expatriés.

    Les deux défis de demain :

    • Anticiper les retours : Planifier les besoins en logements, écoles et infrastructures pour les familles qui reviendront.
    • Investir dans les campagnes : Avec 61,3 % de ruraux, le Premier ministre martèle que la priorité des dépenses publiques doit aller vers l’arrière-pays pour fixer les populations.

    Le RGPH-4 n’est pas qu’un inventaire, c’est un miroir de l’exode. Pour Bah Oury, le défi est de transformer ces régions « dépeuplées » en pôles d’attraction pour faire revenir les fils du pays.

    SOW Telico

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