À quelques jours de la Coupe du monde 2026, alors que plusieurs sélections africaines affinent leurs préparatifs, la Guinée se retrouve confrontée à une situation embarrassante qui soulève de sérieuses interrogations sur la gestion administrative de son football. Le Syli National, qui doit affronter l’Irlande du Nord en match amical international en Espagne ce 4 juin, est privé de plusieurs joueurs et membres de son encadrement technique vivant en Guinée, faute de visas.
Cette situation, dénoncée par le journaliste guinéen Tanou Diallo, officier média à la Confédération africaine de football (CAF), met en lumière des dysfonctionnements qui dépassent le simple cadre sportif.
Selon lui, le pays paierait aujourd’hui les conséquences de pratiques contestées ayant entouré l’obtention de visas lors des Jeux olympiques de Paris 2024 ainsi que du match amical opposant la Guinée au Brésil à Barcelone en juin 2023.
«Les administrations des pays occidentaux n’oublient rien: elles notent et enregistrent tout », souligne-t-il, estimant que la réputation du pays a pu être affectée par des comportements jugés peu orthodoxes dans le traitement de certains dossiers.
Au-delà des difficultés administratives, c’est également le travail du sélectionneur national qui se trouve compromis. Confronté à l’absence de plusieurs éléments importants, le technicien doit revoir ses plans et composer avec un effectif amoindri pour affronter une sélection nord-irlandaise compétitive. Une situation qui pourrait avoir des répercussions sur la préparation de l’équipe nationale en vue de ses prochaines échéances.
Mais l’impact ne se limite pas au terrain. Pour de nombreux observateurs, cette affaire porte également atteinte à l’image de la Guinée sur la scène internationale. Les décisions prises sans anticipation ni vision stratégique finissent par exposer le pays à des conséquences diplomatiques et sportives dont les athlètes sont souvent les premières victimes.
Face à cette nouvelle controverse, plusieurs voix appellent à une prise de conscience au plus haut niveau. L’enjeu est désormais de restaurer la crédibilité des institutions sportives nationales et de mettre en place des mécanismes rigoureux pour éviter que de telles situations ne se reproduisent.
Dans un contexte où le football constitue l’un des principaux vecteurs de rayonnement de la Guinée, la gestion de l’équipe nationale ne peut souffrir ni d’improvisation ni d’intérêts particuliers. Le Syli National représente toute une nation et mérite une gouvernance à la hauteur de ses ambitions.
L’épisode actuel apparaît ainsi comme un signal d’alarme. Sans réformes profondes et une meilleure gouvernance administrative, la Guinée risque de voir se multiplier des incidents susceptibles de compromettre non seulement ses performances sportives, mais également son image auprès de ses partenaires internationaux.
Aliou Barry pour Conakryweb.com