Ce qui devait marquer le début d’un nouveau mandat communal s’est transformé en une vive crise politique à Guéasso. L’installation du nouveau maire, lundi, continue de susciter de fortes contestations, tandis que des interpellations signalées dans la nuit entretiennent un climat de tension au sein de la sous-préfecture.
À l’origine de cette situation, un désaccord profond autour de la liste des conseillers communaux de la Génération pour la Modernité et le Développement (GMD). Yamati Tokpa Donzo affirme que l’équipe ayant remporté les élections locales n’est pas celle qui a finalement été installée. Selon lui, plusieurs candidats initialement retenus auraient été remplacés avant la mise en place du nouvel exécutif communal.
Se disant victime d’une décision injuste, il explique avoir sollicité l’intervention des autorités administratives puis de la justice. D’après ses déclarations, les juridictions compétentes auraient considéré qu’il s’agissait d’un différend relevant du fonctionnement interne du parti.
Le jour de la passation de service, des citoyens se sont rassemblés pour exprimer leur désaccord avec des pancartes, dénonçant ce qu’ils qualifient de remise en cause de leur choix. Selon les organisateurs, la mobilisation s’est déroulée sans incidents majeurs.
Mais quelques heures plus tard, le climat s’est durci. Des proches des manifestants rapportent que plusieurs jeunes ont été arrêtés à leur domicile au cours de la nuit par des éléments des forces de sécurité. À ce stade, ni le nombre exact des personnes interpellées ni les raisons de ces arrestations n’ont été officiellement confirmés.
De son côté, le maire Bangaly Soumaoro rejette toute irrégularité. Il affirme que son élection est conforme aux procédures internes de la GMD et rappelle que les conseillers communaux l’ont désigné dans le respect des textes du parti. La direction sous-préfectorale de la formation politique soutient également que le processus s’est déroulé normalement et attribue la contestation à des divergences internes liées à la composition de la liste.
En attendant une prise de parole des autorités administratives et judiciaires sur les interpellations signalées, cette affaire met en lumière les défis auxquels sont confrontées certaines collectivités après les élections locales. Entre rivalités internes, frustrations politiques et attentes des populations, Guéasso reste suspendue à une issue qui pourrait contribuer à apaiser les tensions ou, au contraire, les raviver davantage.
Depuis N’zérékoré Gilbert Soro Conakryweb.com