Au Sénégal, le débat autour des faux papiers et des problèmes liés à l’état civil commence à inquiéter une partie de la communauté guinéenne. Ces derniers jours, plusieurs messages et prises de parole accusent certains étrangers d’être mêlés à des fraudes administratives, avec parfois la complicité de citoyens sénégalais.
Mais derrière ces accusations, beaucoup de familles guinéennes disent ressentir un malaise grandissant. Certaines vivent pourtant au Sénégal depuis bien avant les indépendances, ont grandi dans le pays, y travaillent et y ont construit leur vie. Malgré cela, elles affirment sentir de plus en plus de regards méfiants et de jugements.
Des ressortissants originaires du Fouta-Djalon expliquent se sentir particulièrement exposés dans certains discours. Pour plusieurs d’entre eux, il est important de distinguer les personnes impliquées dans des actes illégaux des milliers de familles honnêtes qui vivent paisiblement au quotidien.
Face à cette situation, des citoyens appellent les autorités du Sénégal à éviter toute stigmatisation pouvant créer des tensions entre communautés. Beaucoup craignent qu’un climat de méfiance ne favorise la xénophobie, l’ethnocentrisme ou des discriminations injustes.
Du côté de Guinée, plusieurs voix demandent aussi un meilleur accompagnement des compatriotes vivant à l’étranger, notamment pour l’obtention rapide des documents administratifs et la protection consulaire.
Malgré les inquiétudes, nombreux sont ceux qui rappellent que les peuples sénégalais et guinéens partagent depuis longtemps des liens de fraternité, de voisinage et d’histoire qu’il faut préserver.