La descente aux enfers se poursuit pour les militants pro-démocratie en Guinée. Arrestations, enlèvements, détention arbitraires, rançonnements, assassinats et répression de manifestations se multiplient dans le pays notamment sur l’axe Hamdallaye-Bambéto-Cosa-Sonfonia-Kagbelen. La manifestation du 10 mai dernier a été réprimée dans le sang à Conakry. Selon les organisateurs et des ONG de défense de droits humains, le bilan est de sept (7) morts, une trentaine de blessés dont des cas par balles et de nombreuses arrestations.
Selon des témoignages, des manifestants arrêtés ont été rançonnés par des agents des forces de défense et de sécurité. C’est le cas du jeune opposant Diallo Abdoulaye qui avait été arrêté et détenu dans les locaux de la police sis à Bambéto. Son père dénonce une persécution répétitive de son fils et la famille.
“C’est triste ce qui se passe dans notre pays. Nous sommes persécutés par ceux qui doivent nous protéger. Arrêté le jour de la manifestation du 10 mai, mon fils Diallo Abdoulaye a passé cinq jours en détention avec des traitements inhumains. Nous avons payé 8 millions de francs guinéens à un officier de police pour obtenir sa libération. À sa sortie, il était très affaibli à cause des traitements dégradants subis. S’il avait fait plus de cinq jours, il risquait de perdre sa vie. Mon fils a été arrêté plusieurs fois sous le règne de M. Alpha Condé mais aussi sous Mamadi Doumbouya. À chaque fois, on est obligé de payer une forte somme pour obtenir sa libération. Notre maison a été plusieurs fois perquisitionnée par des éléments des forces de défense et de sécurité. Le 23 octobre 2020, des agents venus perquisitionner ma maison m’ont tabassé comme un criminel et ils ont violenté mon fils Hassana Diallo jusqu’à casser ses pieds parce que nous n’avons donner la position de mon fils Diallo Abdoulaye”, nous confie-t-il avant de lancer un appel au président Doumbouya.
“Aujourd’hui, je suis inquiet. Je crains pour la sécurité de mon fils Abdoulaye qui ne cesse d’être persécuté. Beaucoup de ses amis sont tombés sous les balles des forces de défense et de sécurité. Les autres membres de la famille ne sont pas à l’abri parce que mon fils est considéré comme l’un des mobilisateurs dans notre zone. Je demande au président Doumbouya de revoir cette situation. Il doit veiller à la sécurité de tous les guinéens avec leurs biens. Ceux qui ne sont pas d’accord de façon dont le pays est géré ne sont pas des ennemis ou des criminels à abattre. Tout le monde doit être traité de la même façon. Je profite de votre micro pour inviter une fois encore le président et son gouvernement à mettre fin à ces pratiques qui n’honorent pas notre pays. Nous sollicitons l’aide de la communauté internationale pour que la répression cesse dans le pays”, a-t-il lancé.
Mamadou Saïdou Diakité pour conakryweb.com