La commune rurale de Samoé, dans la préfecture de N’Zérékoré, a vécu une élection municipale particulièrement tendue. Au terme d’un scrutin très serré, François Édouard Koné a été porté à la tête de la commune avec 19 voix contre 18 pour son challenger, Koly Daniel Théa, sur un total de 37 conseillers communaux.
Sitôt proclamé vainqueur, le nouveau maire a choisi un discours d’apaisement. Il a appelé les populations à tourner la page des rivalités politiques afin de privilégier l’intérêt général et le développement de Samoé. François Édouard Koné a insisté sur la nécessité de renforcer la cohésion entre les filles et les fils de la localité, rappelant que les différences d’origine ne doivent pas constituer un frein à la gestion de la commune. Il a également salué son adversaire, qu’il considère comme un frère, tout en invitant chacun à respecter le verdict des urnes.
Selon lui, le résultat du vote est clair et reflète la volonté de la majorité des conseillers communaux, avec un écart d’une seule voix qui lui confère la légitimité de conduire désormais les affaires de la commune.
Mais cette lecture est loin d’être partagée par Koly Daniel Théa. Le candidat battu conteste vivement l’issue du scrutin. Il affirme que son camp politique disposait d’une confortable majorité au sein du conseil communal et estime que plusieurs conseillers de sa propre formation ont fait défection au moment du vote, permettant ainsi l’élection de son adversaire.
Qualifiant cette situation de « trahison politique », Koly Daniel Théa met également en cause le déroulement du processus électoral. Il évoque de présumées irrégularités et accuse certaines autorités administratives locales d’avoir influencé le scrutin. Il demande que les institutions compétentes se saisissent du dossier afin de vérifier la régularité des opérations électorales et d’établir les responsabilités, conformément aux dispositions légales.
En dépit de ces contestations, François Édouard Koné est officiellement installé dans ses fonctions de maire de la commune rurale de Samoé. Reste désormais à savoir si les appels au rassemblement permettront d’apaiser les tensions ou si le contentieux politique continuera d’alimenter les débats dans cette commune de la région forestière.
Gilbert Soro depuis N’zérékoré