Gouvernance : la CRIEF ordonne une enquête sur un détournement présumé de 43 milliards GNF au CNT

Le parquet spécial près la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF) passe à l’offensive. Une enquête judiciaire d’envergure a été ouverte autour d’une affaire de détournement présumé de deniers publics portant sur un montant de 43 milliards de francs guinéens. Plusieurs hauts responsables de l’administration du Conseil national de la transition (CNT) sont directement visés par cette procédure.

Une saisine simultanée des services de police et de renseignement

Selon les informations rapportées par le média Mediaguinée, le parquet spécial a saisi, ce mardi 7 juillet 2026, trois directions clés pour mener des investigations approfondies :

L’Office de répression des délits économiques et financiers (ORDEF) ;

La Direction centrale de la Police judiciaire ;

Le secrétariat à la Présidence chargé des Services spéciaux et de la lutte contre le crime organisé.

Les faits visés par la justice sont particulièrement lourds : « détournement de deniers publics, corruption d’agents publics, blanchiment de capitaux, enrichissement illicite, faux et usage de faux en écritures publiques et privées et complicité ».

L’origine des fonds : des primes de séparation et de récompense

Cette procédure fait suite à une réquisition du procureur spécial près la CRIEF, Alphonse Charles Wright, après réception d’un signalement portant sur la gestion de ces 43 milliards GNF.

D’après les premiers éléments de ce signalement, cette somme aurait été répartie sur la base d’un courrier de l’ancien président du CNT, Dr Dansa Kourouma, selon deux axes principaux :

40,5 milliards de francs guinéens destinés au paiement des primes de séparation des conseillers nationaux du CNT ;

2,5 milliards de francs guinéens consacrés à une prime spéciale de récompense pour le personnel de l’administration parlementaire, en reconnaissance de leur contribution aux missions de l’institution.

Une longue liste de hauts cadres du CNT ciblés

Les investigations judiciaires se concentrent sur le sommet de l’administration parlementaire. Le secrétaire général du CNT, Aboubacar Camara, est en première ligne, aux côtés de nombreux directeurs et cadres stratégiques de l’institution, parmi lesquels :

Sãa Leno, directeur des services financiers et comptables (DFC) ;

Youssouf Fofana, directeur des normes de conformité financière (DNCF) ;

Amadou Diakité, directeur des ressources humaines (DRH), ainsi que son adjoint ;

Diaraye Baldé, directrice de cabinet ;

Oumar Diakhaby, directeur de la communication et de l’information ;

Aboubacar Foté Soumah, directeur des affaires juridiques (DAJVL).

Plusieurs autres directeurs sectoriels (services informatiques, services législatifs, protocole et relations interparlementaires) sont également cités dans la procédure.

À ce stade de la procédure, il s’agit de soupçons et de vérifications préliminaires. L’ensemble des cadres cités bénéficient pleinement de la présomption d’innocence, en attendant que les enquêtes confiées aux services spécialisés permettent d’établir ou d’écarter les faits.

SOW Telico

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