Effondrement meurtrier à Ratoma: le drame de Démoudoula relance le débat sur les constructions anarchiques

Trois morts, deux blessés graves, des familles sous le choc et une course contre la montre pour retrouver d’éventuels survivants. Tel est le lourd bilan provisoire de l’effondrement d’un immeuble R+9 en construction survenu dans la nuit du vendredi 17 juillet 2026 au quartier Démoudoula, dans la commune de Ratoma.

Le bâtiment, qui s’est écroulé peu après 3 heures du matin, a enseveli une partie d’un immeuble voisin ainsi qu’une habitation, provoquant une scène de désolation au réveil des habitants.

Alertés par un immense nuage de poussière et un bruit assourdissant, les riverains ont été les premiers à intervenir avant l’arrivée des services de secours. «Nous avons commencé à sortir les survivants avant même l’arrivée des secours. Une famille entière a pu être sauvée. Ensuite, nous avons retrouvé une personne grièvement blessée, puis plusieurs victimes décédées», raconte Mamadou Bah, responsable de la jeunesse du quartier.

Les recherches restent particulièrement délicates. Les autorités n’excluent pas que plusieurs ouvriers présents sur le chantier au moment du drame soient encore coincés sous les gravats, les travaux de toiture étant en cours avant l’effondrement.

Face à cette catastrophe, le ministre de l’Urbanisme, Mohamed Lamine Sy Savané, s’est rendu sur les lieux dès les premières heures de la matinée. Il a annoncé l’ouverture d’une enquête technique approfondie afin d’établir les responsabilités.

Mais la déclaration la plus marquante du ministre concerne le statut du bâtiment. Selon lui, les premières investigations révèlent que l’immeuble ne disposait d’aucune autorisation de construire conforme à la réglementation.

Cette révélation remet au premier plan la problématique des constructions anarchiques à Conakry, où de nombreux immeubles sont érigés sans études techniques, sans contrôle administratif suffisant et parfois dans des zones à risques. Le ministre a indiqué que son département poursuivra les opérations de contrôle engagées dans les treize communes de la capitale afin d’identifier les bâtiments irréguliers et de prévenir de nouveaux drames.

Pendant ce temps, les équipes de la Protection civile, de la Police, de l’Armée et de l’Agence nationale de gestion des urgences et catastrophes humanitaires (ANGUCH) poursuivent les opérations de déblaiement à l’aide d’engins lourds, malgré une pluie persistante qui complique les recherches.

Au nom du président de la République, le général Mamadi Doumbouya, Mohamed Lamine Sy Savané a présenté les condoléances de la Nation aux familles endeuillées et souhaité un prompt rétablissement aux blessés admis à l’hôpital sino-guinéen.

Au-delà du bilan humain, ce drame constitue un nouvel avertissement sur les dangers liés au non-respect des normes de construction en Guinée. Les conclusions de l’enquête technique seront particulièrement attendues, tant par les familles des victimes que par l’opinion publique, qui réclame désormais des mesures fermes contre les constructions illégales et une application rigoureuse des règles d’urbanisme.

Aliou Barry pour conakryweb.com

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