Macenta : une mort sur la route, des questions sans réponse autour du décès de « Rouzo » à Bofossou


BOFOSSOU, Macenta – La disparition de Moriba Béavogui, connu sous le surnom de « Rouzo », continue de faire parler dans la commune rurale de Bofossou. Retrouvé mort sur l’axe Guéckédou–Macenta, dans la nuit du jeudi au vendredi 21 août 2026, ce conducteur de moto-taxi, âgé d’environ 40 ans et père de six enfants, laisse derrière lui une famille qui réclame des éclaircissements.


D’après la version communiquée par les autorités locales, la victime aurait perdu le contrôle de sa moto alors qu’elle se rendait vers Bakodamaï. Après sa chute, son corps aurait été retrouvé sur la chaussée avant qu’un véhicule ne lui roule sur la tête. La moto, quant à elle, ne présenterait pas de dégâts permettant d’établir une collision.
Mais plusieurs éléments entourant le drame alimentent les interrogations.
Une chronologie qui interpelle
L’un des principaux points de divergence concerne l’heure à laquelle l’accident se serait produit. Alors que certaines informations locales font état d’un drame survenu aux environs de 23 heures, les données recueillies auprès de proches indiquent que Moriba Béavogui était encore en contact avec certaines personnes après minuit.
Le dernier appel enregistré sur son téléphone aurait notamment été effectué à 00h24, pour une communication de 28 secondes. Un témoignage recueilli auprès d’un proche affirme également que le corps aurait été découvert vers 1 heure du matin.
Ces éléments ne permettent pas, à eux seuls, d’établir les circonstances du décès, mais ils posent la question de la chronologie exacte des événements.

La position de la moto fait débat


La localisation et l’orientation de la moto constituent un autre point de désaccord. Les autorités communales soutiennent que l’engin se trouvait dans la direction de Bakodamaï, destination de la victime. Des témoins et des représentants des conducteurs de taxi-moto avanceraient toutefois une autre version.
Pour la famille, ces contradictions méritent d’être examinées avec attention, d’autant plus que le corps aurait été inhumé avant l’arrivée de certains proches, qui affirment avoir demandé qu’il soit conservé jusqu’à leur venue.


Adonis Béavogui, frère aîné du défunt, demande ainsi aux autorités judiciaires de Macenta de faire toute la lumière sur cette affaire. La famille regrette notamment l’absence d’un examen médico-légal qui aurait pu contribuer à déterminer les circonstances exactes de la mort.
Des antécédents également évoqués
L’affaire est d’autant plus sensible que des proches évoquent un ancien différend entre le défunt et l’entourage de son ancienne compagne, Antoinette Guilavogui, mère de deux de ses enfants. Selon ces témoignages, ce conflit aurait déjà donné lieu à des violences et à un départ temporaire de Moriba Béavogui.


Aucune responsabilité ne peut cependant être imputée à quiconque sur la base de ces seuls éléments. Les circonstances précises de ce décès restent à établir.


Accident de la circulation ou mort dans des circonstances différentes, plusieurs questions demeurent donc sans réponse. Une enquête judiciaire, appuyée par l’exploitation des témoignages et des éléments matériels disponibles, pourrait permettre de reconstituer les dernières heures de Moriba Béavogui et d’établir les responsabilités éventuelles.
À Bofossou, sa famille et plusieurs habitants attendent désormais des autorités compétentes des explications sur les circonstances de cette disparition qui continue de susciter l’émoi.


Gilbert Soro Depuis N’zérékoré Conakryweb.com

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