Le gouvernement guinéen veut revoir en profondeur le fonctionnement des Établissements publics à caractère administratif (EPA) et des Établissements publics de santé (EPS). Plus de 75 % des établissements évalués sont considérés comme présentant un risque élevé, selon un état des lieux présenté ce jeudi 10 septembre 2026, à Conakry, à l’occasion du lancement de la revue générale des EPA.
Sur les 151 EPA et EPS répertoriés, 119 ont fourni des données jugées exploitables pour la période 2023-2025. Parmi eux, 91 présentent un niveau de risque élevé.
L’évaluation met également en évidence d’importantes insuffisances en matière de gouvernance. Seuls 32 établissements disposent d’un Conseil d’administration fonctionnel, tandis que 83 en sont dépourvus. Six autres sont dirigés par des directeurs généraux par intérim. Le taux moyen de respect des diligences liées à la gouvernance et à l’obligation de rendre compte ne dépasse pas 42,2 %.
3 000 milliards de francs guinéens transférés aux EPA et EPS
Le poids financier de ces structures constitue également une source de préoccupation pour l’exécutif. Selon les données présentées, les EPA et EPS absorbent près de la moitié des 6 000 milliards de francs guinéens consacrés aux transferts budgétaires, soit environ 3 000 milliards de francs guinéens. L’autre moitié est destinée au secteur énergétique.
Présidant le lancement des travaux, le Premier ministre Amadou Oury Bah a insisté sur la nécessité de renforcer le contrôle de l’utilisation des ressources publiques et d’orienter davantage les établissements vers la performance.
« L’objectif principal est de faire entrer pleinement les EPA dans la logique du budget-programme et de la performance. D’ici le 1er janvier 2027, le budget-programme doit devenir une réalité concrète », a-t-il déclaré.
Vers une nouvelle approche de la gestion publique
Cette revue intervient deux ans après une première étude de rationalisation portant sur 189 EPA, alors présentés comme particulièrement coûteux pour les finances publiques.
Cette fois, le gouvernement entend aller au-delà d’une simple réduction du nombre d’établissements. Il mise sur une réorganisation qualitative, la digitalisation du suivi et la suppression des allocations budgétaires jugées non prioritaires.
Gilbert Soro Conakryweb.com