La mort de Sidya Touré laisse un profond vide dans les rangs de l’Union des forces républicaines (UFR), notamment en Guinée forestière. À N’Zérékoré, Cécé Loua, coordonnateur régional du parti, peine à contenir son émotion après la disparition de celui qu’il décrit comme bien plus qu’un leader politique.
Les mots ont parfois manqué au responsable politique pour exprimer sa douleur. Face à cette disparition, il dit avoir perdu à la fois un mentor, un frère, un ami et celui qui l’a accompagné dans ses premiers pas en politique. Cécé Loua raconte avoir reçu la nouvelle au milieu de la nuit. Alors qu’il dormait, un appel téléphonique l’a brusquement réveillé. Au bout du fil, une voix lui annonce le décès de Sidya Touré à Paris.
Mais une autre information va particulièrement le bouleverser : le nom de Cécé Loua figurait parmi les personnalités que l’ancien Premier ministre avait désignées pour être informées en priorité de sa disparition. Depuis cette annonce, dit-il, le sommeil l’a quitté.« C’est avec un cœur serré, meurtri et plein d’amertume que je vais parler du président Sidya Touré au passé. Parce qu’il n’est plus vivant, il n’est plus dans notre monde », a-t-il déclaré avec une vive émotion.Pour Cécé Loua, l’histoire avec Sidya Touré ne se résume pas à un simple compagnonnage politique. Leur relation remonte à la période qui a suivi le départ de Sidya Touré de la Primature, en 1999.
Au fil des années, cette relation professionnelle et politique s’est transformée en une véritable proximité.« Il a été mon idole, mon leader politique. C’est lui qui m’a façonné en politique, dans l’honnêteté et dans la loyauté », témoigne-t-il.
C’est notamment cette confiance qui avait poussé Cécé Loua à rejoindre l’UFR et à s’engager aux côtés de Sidya Touré dans plusieurs batailles politiques. Des années de lutte au cours desquelles les deux hommes ont connu des périodes difficiles, mais aussi des moments de satisfaction. Aujourd’hui, la disparition de Sidya Touré semble avoir profondément ébranlé les convictions politiques de son lieutenant en Guinée forestière. Cécé Loua envisage même de mettre un terme à son engagement politique.
« Je me demande maintenant : je veux faire de la politique pour quoi ? Celui dont je m’inspirais, celui que je pensais voir un jour à la tête de ce pays pour le faire avancer, est parti. Pour moi, la mission politique peut s’arrêter là », confie-t-il.
Un autre souvenir ravive particulièrement sa douleur : le soutien que Sidya Touré lui avait apporté lorsqu’il avait été emprisonné en 2020 pour ses positions contre le troisième mandat.Selon Cécé Loua, durant ses six mois de détention, l’ancien Premier ministre avait veillé personnellement sur sa famille et avait contribué à sa défense judiciaire.
« Il a soutenu ma famille pendant six mois, jour pour jour. Rien ne lui a manqué. Il a pris des avocats pour me défendre à la barre », se souvient-il.
Pour le coordonnateur régional de l’UFR, cette disparition dépasse donc le cadre d’une simple perte politique. Il parle d’un deuil personnel, mais aussi d’un immense vide pour la classe politique de la Guinée forestière et les militants de l’UFR.Dans ce moment de douleur, Cécé Loua formule également un souhait : voir la dépouille de Sidya Touré rapatriée en Guinée afin qu’il puisse être inhumé sur sa terre natale.
« Quand un homme de cette dimension disparaît, il faut le planter dans son village afin que des pousses puissent naître et continuer le travail qu’il avait commencé », estime-t-il.
Déjà, Cécé Loua affirme avoir informé les différentes structures de l’UFR en Guinée forestière et se dit prêt à participer aux cérémonies funèbres, où qu’elles soient organisées. Les yeux embués de larmes, il termine son témoignage par une prière pour celui qu’il considère comme son mentor et son frère.
« Je présente toutes mes condoléances à sa famille biologique, à sa famille politique et à tous ceux qui l’ont aimé. Que Dieu accueille son âme et lui accorde le repos éternel. »
Gilbert Soro pour Conakryweb.com