Réduction des risques de catastrophe: à Maputo, la Guinée plaide pour des financements mieux orientés vers la prévention

À l’occasion de la 9e Plateforme régionale africaine pour la réduction des risques de catastrophe, tenue du 12 au 15 octobre 2026 à Maputo, au Mozambique, Alhassane Barry, Directeur général du Centre national de gestion des catastrophes et de l’urgence environnementale, a plaidé pour une meilleure coordination des partenaires techniques et financiers et un investissement accru dans la prévention.

La Guinée a fait entendre sa voix à la Conférence internationale sur la réduction des risques de catastrophe et la résilience en Afrique. À cette rencontre réunissant des acteurs engagés dans la prévention et la gestion des catastrophes, Alhassane Barry a mis en lumière les défis auxquels les pays africains restent confrontés, notamment en matière de financement, de coordination institutionnelle et de mise en œuvre des stratégies nationales.

Dans son intervention, le responsable guinéen a notamment souligné les difficultés liées à l’élaboration et à l’application des stratégies de réduction des risques de catastrophe, du niveau national jusqu’aux collectivités locales. Il a également relevé l’insuffisance de la prise en compte des données et les limites de la coordination entre les différentes plateformes nationales, régionales et sous-régionales.

La prévention, un investissement prioritaire

Au cœur de son plaidoyer figure une préoccupation majeure : le déséquilibre entre les financements consacrés à la réponse aux catastrophes et ceux destinés à prévenir leur survenue ou à en limiter les conséquences.

Selon Alhassane Barry, les partenaires techniques et financiers accordent une place importante aux interventions d’urgence, tandis que plusieurs projets de réduction des risques de catastrophe restent insuffisamment soutenus, notamment dans des pays comme la Guinée.

S’appuyant sur les objectifs du Cadre d’action de Sendai, qui vise notamment à réduire les pertes humaines, économiques et matérielles liées aux catastrophes, il a appelé à dépasser une approche centrée sur la seule gestion des crises.

Pour le Directeur général du Centre national de gestion des catastrophes et de l’urgence environnementale, investir davantage dans la prévention constitue une nécessité pour réduire les pertes et renforcer durablement la résilience des populations.

Un appel à la coordination des partenaires

Pour concrétiser cette ambition, Alhassane Barry a invité l’Union européenne, la Banque mondiale et les agences du système des Nations unies, entre autres partenaires, à renforcer leur collaboration autour du financement des projets de réduction des risques de catastrophe.

Il a insisté également sur la nécessité d’aligner les interventions des partenaires sur les mécanismes de coordination de l’Union africaine et des organisations sous-régionales, notamment la CEDEAO, la SADC et l’IGAD.

Selon lui, une meilleure coordination à ces différents niveaux favoriserait une plus grande cohérence des interventions et faciliterait leur déclinaison dans les politiques nationales.

La Guinée encourage par ailleurs le partage d’expériences entre les pays africains, convaincue que la coopération et la mutualisation des connaissances peuvent contribuer à améliorer les dispositifs d’alerte précoce et les capacités de prévention.

En conclusion, Alhassane Barry a exprimé sa reconnaissance au gouvernement et au peuple mozambicains pour leur accueil et la qualité de l’organisation de cette rencontre régionale.

À Maputo, le message de la Guinée est clair: pour mieux protéger les populations face aux catastrophes, l’Afrique doit faire de la prévention une priorité, renforcer la coopération et mobiliser des financements à la hauteur des enjeux.

Mamadou Aliou Barry

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