Un éboulement survenu dimanche à Dar-es-Salam, à Conakry, a endeuillé de nombreuses familles et mobilisé d’importants moyens de secours. Le Premier ministre Amadou Oury Bah, plusieurs membres du gouvernement, le génie militaire, la Protection civile, la Croix-Rouge ainsi que les forces de sécurité se sont rendus sur le site pour coordonner les opérations. Le bilan provisoire fait état de 31 morts et 22 blessés, tandis que les recherches doivent reprendre pour retrouver d’éventuelles victimes encore ensevelies.
Une journée marquée par le drame
Les habitants de Dar-es-Salam ont été brutalement réveillés dimanche par un éboulement qui a transformé le secteur en scène de détresse.
L’accumulation des ordures au fil des années est une nouvelle fois pointée comme l’un des facteurs à l’origine de cette tragédie. Le drame a fait de nombreuses victimes et plongé plusieurs familles dans une profonde douleur.
Toute la journée, les opérations de recherche et de secours se sont poursuivies sous le regard impuissant des proches venus attendre des nouvelles de leurs parents.
Quelques heures après l’éboulement, le Premier ministre Amadou Oury Bah s’est rendu sur les lieux afin de constater l’ampleur de la catastrophe et de soutenir les équipes mobilisées.
Plusieurs membres du gouvernement ont également effectué le déplacement, notamment les ministres chargés de la Santé, des Infrastructures, de l’Urbanisme et de l’Administration du territoire, ainsi que la gouverneure de la ville de Conakry.
Ils sont venus renforcer le dispositif placé sous la coordination du ministre de l’Assainissement, resté une grande partie de la journée sur le terrain pour suivre l’évolution des opérations.

D’importants moyens engagés dans les recherches
Face à l’urgence, le génie militaire a rapidement déployé ses engins pour procéder aux fouilles.

D’autres machines présentes sur le site ont été mobilisées afin d’élargir le dispositif et de faciliter les recherches. L’objectif était double : retrouver d’éventuels survivants et extraire les personnes ensevelies.
Au fil des heures, plusieurs corps ont été sortis des décombres.
Ils ont ensuite été pris en charge et évacués par les équipes de la Protection civile et de la Croix-Rouge.
Les opérations ont été menées sous la supervision des forces de police et de la gendarmerie, chargées notamment de sécuriser le périmètre et de faciliter l’intervention des secours.
Un bilan humain qui s’alourdit
Malgré l’ampleur des moyens déployés, le bilan humain s’est progressivement alourdi.
Selon le bilan provisoire communiqué par les autorités, 31 personnes ont perdu la vie. Six blessés graves et 16 autres blessés ont également été enregistrés.
Les victimes sont prises en charge gratuitement à l’hôpital Donka, selon le ministère de la Santé.
Face à l’ampleur de la tragédie, la ministre de l’Administration du territoire et de la Décentralisation a présenté, au nom du gouvernement, ses condoléances aux familles endeuillées.
Derrière les chiffres, des familles brisées
Au-delà des chiffres officiels, le drame de Dar-es-Salam se mesure surtout à travers les témoignages des familles venues rechercher leurs proches.
Sur le site, plusieurs parents ont vécu des heures interminables, oscillant entre l’espoir de retrouver un survivant et la crainte d’une nouvelle tragique.
Ciré Kallo affirme ainsi avoir perdu ses cinq enfants dans l’éboulement.
Le jeune Abdoul Soumah, arrivé sur les lieux à la recherche de ses proches, a lui aussi été confronté à une terrible réalité. Sa mère ainsi que plusieurs de ses frères et sœurs figureraient parmi les victimes qu’il recherchait.
Pour Mohamed Camara, père de famille, l’attente a également été insoutenable. En larmes, il disait vouloir retrouver ses deux enfants, « peu importe leur état ».
Maciré Camara, de son côté, a perdu son époux, parti tenter de porter secours aux personnes touchées par l’éboulement, ainsi que ses enfants.
Ces témoignages donnent une dimension humaine à une catastrophe dont le bilan ne cesse de rappeler la gravité.
Les familles sinistrées mises à l’abri
Parallèlement aux opérations de recherche, les autorités ont commencé à prendre en charge les familles directement affectées par le drame.
Plusieurs sinistrés, profondément traumatisés, ont été évacués du secteur à bord d’un bus affrété par l’ANGUCH et la mairie de Gbèssia.
Ils doivent être hébergés provisoirement dans une école primaire située à Dixinn.
Cette solution d’urgence doit permettre de mettre les familles à l’abri, en attendant la mise en place d’un dispositif plus durable d’accompagnement.
Les recherches doivent reprendre
Après plusieurs heures d’intervention continue, les machines mobilisées sur le site ont cessé leurs opérations aux alentours de 18 heures.
Cette interruption ne marque toutefois pas la fin des recherches.
Selon les informations recueillies, les opérations doivent reprendre demain afin de poursuivre les fouilles et tenter de retrouver d’éventuels survivants ainsi que les personnes encore portées disparues.
À Dar-es-Salam, la journée s’est donc achevée dans la douleur, mais aussi dans une forte mobilisation des services publics, des secours et des populations.
Derrière l’urgence du sauvetage se pose désormais une autre question : celle de la prévention des risques liés à l’insalubrité et à l’accumulation des déchets dans les zones urbaines fortement exposées.
SOW Telico