Éboulement de Dar-es-Salam : un bilan de 31 morts qui ravive le souvenir du drame de 2017

La décharge de Dar-es-Salam, en plein cœur de Conakry, a été le théâtre d’un éboulement meurtrier ce week-end. Le bilan officiel s’élève à 31 morts au moment de la publication de cet article, tandis que les recherches se poursuivent sous les décombres. Ce drame survient neuf ans, presque jour pour jour, après un précédent effondrement du même site en août 2017, qui avait fait neuf victimes.

Des scènes de désolation sur le site

Sur les lieux, les témoignages des familles endeuillées se succèdent. Plusieurs proches de victimes recherchent encore des membres de leur famille sous les décombres, certains évoquant la disparition de plusieurs enfants ou de nombreux voisins.

Ces récits, recueillis sur place, illustrent l’ampleur humaine d’une catastrophe que le seul bilan chiffré ne parvient pas à traduire.

Les autorités présentent leurs condoléances

Plusieurs responsables se sont rendus sur le site, à commencer par le Premier ministre Bah Oury.

La ministre de l’Administration du territoire et de la Décentralisation, Djénabou Touré, a présenté les condoléances du gouvernement aux familles des victimes. Elle a rappelé que les autorités « sensibilisent depuis des années pour que les gens quittent cet endroit », tout en reconnaissant la nécessité d’« agir autrement avec cette population ». Elle a assuré que « des dispositions seront prises ».

Un travail de sensibilisation revendiqué par les autorités

Le Lieutenant-Colonel Mamadou Baïlo Baldé, coordonnateur des travaux sur le site, a de son côté détaillé les efforts de sensibilisation menés en amont du drame.

« On a prévenu, ce n’est pas facile avec nos populations. Dimanche passé, on a dit que dans une semaine on doit clôturer la décharge. On a fait le maximum de nous-mêmes. On a sensibilisé, c’est incompréhensible ce qui est arrivé », a-t-il déclaré.

La question du relogement en toile de fond

Au-delà des explications avancées par les autorités, plusieurs éléments soulevés sur le terrain interrogent sur les causes profondes de la présence continue de populations sur ce site à haut risque.

La ministre Djénabou Touré a elle-même évoqué la précarité économique comme facteur retenant certaines familles à proximité de la décharge, faute d’alternative de logement. Ce constat pose la question d’une réponse qui ne relèverait pas uniquement de la sensibilisation, mais également de politiques de logement et d’accompagnement social.

Un site déjà endeuillé en 2017

L’éboulement survenu ce week-end n’est pas le premier sur ce site. En août 2017, la décharge de Dar-es-Salam avait déjà connu un effondrement meurtrier, causant la mort de neuf personnes.

Le projet de fermeture du site, annoncé à plusieurs reprises ces derniers mois, devait initialement démarrer ce dimanche 23 août 2026.

Un bilan encore provisoire

À l’heure actuelle, le bilan officiel fait état de 31 morts, un chiffre que certains riverains estiment supérieur à la réalité. Les opérations de recherche se poursuivent sur le site.

Aucune cellule d’urgence médico-psychologique n’a par ailleurs été officiellement annoncée à ce stade pour accompagner les familles endeuillées.

SOW Telico

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