La pression exercée sur les professionnels des médias en Guinée semble franchir un nouveau cap. Dans la nuit du 10 novembre 2023, aux alentours de 2 heures du matin, des hommes armés et cagoulés ont fait irruption au domicile de M. Abdourahmane Bah, journaliste à la radio Bonheur FM alimentant davantage les préoccupations concernant la sécurité des journalistes dans le pays.
Selon le récit livré par sa mère ce 11 novembre, Néné Kadiatou Bah, les individus ont pénétré dans la concession après l’avoir forcée à ouvrir les portes de la maison. Une fouille systématique a ensuite été menée dans toutes les pièces, y compris les toilettes, à la recherche du journaliste. «Ils m’ont obligée d’ouvrir les portes de la maison. Ils ont fouillé partout même dans les toilettes », a-t-elle témoigné devant plusieurs journalistes.
La mère du journaliste affirme avoir été victime de violences physiques durant l’opération. Elle déclare avoir été brutalisée et giflée alors qu’elle expliquait ignorer où se trouvait son fils.
L’absence d’Abdourahmane Bah au moment des faits aurait empêché son interpellation. Toutefois, les hommes armés auraient quitté les lieux après avoir adressé de graves menaces à son encontre. Selon Mme Bah, ils ont affirmé que le journaliste «servira de leçon à tous ceux qui veulent ternir l’image ou tenir tête au pouvoir du Général Mamadi Doumbouya».
Ces événements interviennent dans un contexte marqué par de nombreuses dénonciations d’atteintes à la liberté de la presse et à la liberté d’expression en Guinée. Les organisations de défense des droits humains et les associations professionnelles de journalistes alertent régulièrement sur les risques auxquels sont exposés les acteurs des médias, notamment lorsqu’ils traitent de sujets sensibles liés à la gouvernance ou à la gestion des affaires publiques.
Face à cette nouvelle affaire, plusieurs observateurs appellent à l’ouverture d’une enquête indépendante afin d’établir les responsabilités et de garantir la protection du journaliste ainsi que de sa famille. Pour sa mère, l’inquiétude demeure entière: «Aujourd’hui, je crains pour la sécurité de mon fils.»
Cette descente nocturne soulève une fois de plus la question du respect des libertés fondamentales et de la protection des journalistes, acteurs essentiels au fonctionnement d’une société démocratique.
Aliou Barry pour conakryweb.com