Guinée : 10 ans de prison et 50 milliards GNF requis contre Oyé Guilavogui à la CRIEF

Ce mercredi 10 juin 2026, le ministère public a présenté ses réquisitions dans le procès de l’ancien ministre Oyé Guilavogui devant la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF) de Conakry. Le substitut du procureur spécial, Ousmane Sano, a requis 10 ans d’emprisonnement et 50 milliards de francs guinéens d’amende, estimant établis les faits de détournement de deniers publics, d’enrichissement illicite et de blanchiment de capitaux. Le verdict sera prononcé le 1er juillet.

Réquisitions sans appel du ministère public

Le substitut du procureur spécial Ousmane Sano n’a pas hésité sur le ton. Estimant que les faits sont établis à l’encontre de l’ancien ministre, il a requis une peine de 10 ans d’emprisonnement ainsi qu’une amende de 50 milliards GNF.

Contrairement aux réquisitions précédentes de mars 2026 qui viserait 5 ans de prison, le ministère public a donc augmenté la peine requise de moitié. Cette montée en puissance juridique suggère une évolution dans l’appréciation des charges par la justice guinéenne.

Le procureur a également sollicité la délivrance d’un mandat d’arrêt contre Oyé Guilavogui, renforçant la pression sur l’ancien porte-parole du gouvernement.

La partie civile défend le droit à la défense

La partie civile a tenu à rappeler que le prévenu avait bénéficié de toutes les garanties nécessaires pour assurer sa défense. Cette position vise à contester toute accusation de procès inéquitable et à préserver les droits fondamentaux de l’ancien ministre.

Cette défense soulève une question importante : comment concilier la répression des infractions économiques avec le respect des procédures démocratiques dans un contexte politique guinéen sensible ?

Le tribunal dans l’attente du verdict

La Cour, présidée par le juge Alpha Camara et assistée de ses conseillers Kanda Doumbouya et Mamadou Dian Diallo, a mis l’affaire en délibéré pour le 1er juillet 2026.

Ce délai de trois semaines permet aux juges d’examiner l’ensemble des éléments du dossier avant de prononcer leur décision.

Ce que l’affaire révèle

L’affaire Oyé Guilavogui dépasse le cadre d’un simple procès pénal. Elle illustre la volonté du gouvernement guinéen de réprimer les infractions économiques et financières, dans un contexte de lutte contre la corruption et l’enrichissement illicite.

Oyé Guilavogui, ancien ministre des Postes et Télécommunications sous la présidence d’Alpha Condé, fait face à des accusations qui ont déjà conduit au placement de ses biens et comptes sous gestion de l’AGRASC en février 2026.

Le verdict du 1er juillet pourrait marquer un tournant dans la politique de répression des infractions économiques en Guinée.

SOW Telico

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