Simandou 2040: le gouvernement veut faire des statistiques agricoles un levier de transformation du secteur

Le gouvernement guinéen entend désormais s’appuyer sur des données statistiques fiables pour accélérer la modernisation de son agriculture. C’est le principal message qui s’est dégagé de la présentation du rapport de l’Enquête agricole annuelle intégrée 2025-2026, organisée ce jeudi 9 juillet 2026 à Conakry par l’Agence nationale des statistiques agricoles et alimentaires (ANASA).

Devant les membres du gouvernement, les partenaires techniques et financiers ainsi que les acteurs du monde rural, le secrétaire général du ministère de l’Agriculture et de l’Élevage, Oumar Barry, a affirmé que ce rapport constituera un véritable outil stratégique pour la mise en œuvre du programme Simandou 2040.

«Nous allons transformer ce rapport en un instrument de guerre», a-t-il déclaré, expliquant que ces statistiques permettront d’orienter les interventions de l’État jusque dans les villages les plus reculés. L’objectif est de renforcer les capacités des producteurs, d’étendre la mécanisation agricole et de corriger les disparités observées entre les différentes zones de production.

Cette vaste enquête, conduite pendant six mois dans les 33 préfectures du pays, a mobilisé environ 230 agents enquêteurs. Elle a permis d’identifier 1 172 574 ménages agricoles, d’en échantillonner 15 294 et de recenser 8 344 182 personnes vivant dans ces exploitations.

Pour la Banque mondiale, principal partenaire financier de l’opération à travers le PDACG et le PHASAOC avec l’appui technique de la FAO, ces données arrivent à un moment déterminant. Son représentant résident, Issa Diaw, estime qu’elles guideront les futurs investissements agricoles, notamment la deuxième phase du PDACG, financée à hauteur de 116 millions de dollars, tout en soutenant les ambitions du programme Simandou 2040.

Le directeur général de l’ANASA, Sidiki Cissé, considère que cette enquête offre enfin aux décideurs une vision précise des réalités du secteur agricole. Selon lui, elle permettra d’identifier les contraintes, de valoriser les atouts de l’agriculture nationale et de mieux planifier les politiques publiques.

Représentant le Premier ministre, Daouda Kamissoko a, pour sa part, rappelé que derrière ces statistiques se trouvent des millions de familles vivant de l’agriculture. Il a souligné que ces données permettront au gouvernement de mieux orienter les investissements, de renforcer les chaînes de valeur agricoles, de faciliter l’accès au financement des producteurs et de promouvoir une agriculture plus productive et plus résiliente.

Avec cette enquête nationale, les autorités disposent désormais d’un outil d’aide à la décision appelé à jouer un rôle central dans la transformation du secteur agricole, considéré comme l’un des piliers du développement économique de la Guinée.

Aliou Barry pour Conakryweb.com

Conakry web