À 81 ans, le cardinal Robert Sarah se prépare à tourner définitivement la page de son long ministère au Vatican pour revenir vivre en Guinée. Animé par le désir de consacrer ses dernières années à la prière, l’ancien préfet de la Congrégation pour le culte divin a lancé un vibrant appel à la sagesse des dirigeants, au partage équitable des richesses nationales et à une foi vécue avec sincérité.
Un retour au pays placé sous le signe de la prière
Après plusieurs décennies au service de l’Église universelle, le cardinal Robert Sarah aspire à rentrer définitivement en Guinée. En retraite depuis 2021, l’ancien archevêque de Conakry (1979-2001) continue d’assurer ponctuellement des missions confiées par le Saint-Père, mais son souhait est désormais de consacrer le reste de sa vie à la prière.
Lors d’un entretien accordé à la RTG à l’occasion de son séjour en Guinée au mois de mai, le prélat a confié vouloir vivre dans le silence, loin de l’agitation urbaine.
« Je voudrais me consacrer à être avec Lui, à prier dans le silence, loin de la ville. Prier pour la Guinée, prier pour les responsables de la Guinée, afin que Dieu leur donne la sagesse d’être au service du peuple. »
Un plaidoyer pour une autorité au service du peuple
Fort de son expérience auprès de plusieurs souverains pontifes — de Paul VI à Léon XIV, en passant par Jean-Paul II, Benoît XVI et François — le cardinal a livré une réflexion profonde sur le sens de l’autorité.
Pour lui, exercer le pouvoir ne signifie ni dominer ni opprimer.
« Quand on a autorité, ce n’est pas pour écraser les gens, c’est pour les faire grandir. Le mot « autorité » vient du latin augere. Il signifie « faire grandir ». »
Selon lui, cette responsabilité concerne aussi bien les autorités politiques que les responsables familiaux, religieux ou administratifs. Tous ont pour mission première de favoriser l’épanouissement de ceux qui leur sont confiés.
Le cardinal a ainsi formulé une prière pour les dirigeants guinéens afin qu’ils gouvernent avec discernement et permettent au pays de connaître une prospérité durable.
Les richesses de la Guinée doivent bénéficier à tous
Le prélat a également insisté sur la nécessité d’une meilleure répartition des ressources nationales.
Pour lui, les immenses richesses dont dispose la Guinée doivent profiter à l’ensemble de la population et non à une minorité privilégiée.
« Ces richesses ne sont pas faites pour une petite minorité, elles sont faites pour tous les Guinéens. Chacun devrait pouvoir disposer d’un minimum : une maison, un travail et des conditions de vie décentes. »
À travers cet appel, le cardinal invite à placer la justice sociale et la dignité humaine au cœur des politiques publiques.
Une foi authentique, au-delà des apparences
Au-delà des questions de gouvernance, Robert Sarah a exhorté les croyants, chrétiens comme musulmans, à vivre leur foi avec cohérence.
Selon lui, la pratique religieuse ne peut être dissociée des comportements quotidiens.
« Si l’on est musulman ou chrétien, il faut être cohérent. On ne peut pas mentir à Dieu. Ce que je dis à Dieu à la mosquée ou à l’église doit se refléter dans ma vie en société. »
Le cardinal rappelle que Dieu regarde avant tout la sincérité du cœur et non les seules démonstrations extérieures de piété.
« Des personnes qui fréquentent la mosquée ou l’église, mais qui se détruisent ensuite entre elles, ne rendent pas un véritable culte à Dieu. Dieu n’écoute aucune prière qui ne vienne d’un cœur sincère et aimant. »
Un message de sagesse pour la Guinée
À l’heure où il envisage son retour définitif dans son pays natal, le cardinal Robert Sarah laisse un message qui dépasse le cadre religieux. Son appel à une autorité au service du bien commun, à une gestion équitable des richesses et à une foi authentique résonne comme une invitation à bâtir une Guinée plus juste, plus fraternelle et plus solidaire.
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SOW Telico