Fraude aux examens nationaux : le SNE dénonce une « fraude systémique » et le retour du système « main à main »

Le Syndicat national de l’éducation (SNE) a vivement critiqué l’organisation des examens nationaux 2026 lors d’un point de presse tenu le lundi 13 juillet à Matoto. Son secrétaire général, Michel Pépé Balamou, dénonce une « fraude systémique », une gestion opaque du processus et la résurgence du système dit « main à main », qu’il présente comme l’un des principaux mécanismes de tricherie ayant entaché cette session.

Le SNE met en cause l’organisation des examens nationaux

À l’occasion d’un point de presse organisé ce lundi 13 juillet 2026 à Matoto, le Syndicat national de l’éducation (SNE) a dressé un bilan sévère du déroulement des examens nationaux.

Face aux journalistes, le secrétaire général du syndicat, Michel Pépé Balamou, a estimé que les irrégularités constatées cette année dépassent le cadre des fraudes individuelles. Selon lui, il s’agit d’une « fraude systémique », impliquant des dysfonctionnements à plusieurs niveaux de l’organisation.

« La caractéristique principale de cette année réside dans la commission de la fraude systémique », a-t-il déclaré.

Une gestion jugée opaque dès le budget des examens

Pour le responsable syndical, les premières interrogations concernent la transparence financière entourant les examens nationaux.

Michel Pépé Balamou affirme que, depuis 2018, le budget consacré à l’organisation des examens n’est plus rendu public. À ses yeux, cette absence de communication constitue le premier signe d’une gouvernance insuffisamment transparente.

Selon lui, une meilleure visibilité sur les ressources mobilisées permettrait de renforcer la crédibilité du processus.

Le choix des centres d’examen également pointé du doigt

Le SNE s’interroge aussi sur les critères ayant conduit à la sélection de certains centres d’examen.

Le syndicat affirme avoir recensé des établissements disposant d’un nombre limité de salles ou situés dans des zones difficilement accessibles, tout en étant retenus comme centres d’examen.

Michel Pépé Balamou estime que cette situation pourrait favoriser certaines pratiques irrégulières, notamment lorsque des candidats composent dans leur propre établissement ou lorsque des enseignants de ces écoles sont désignés comme surveillants.

Des surveillants dont les compétences sont remises en question

Autre sujet de préoccupation soulevé par le SNE : le recrutement des surveillants.

Le secrétaire général affirme que plusieurs informations reçues par son organisation font état de personnes désignées pour surveiller les épreuves sans disposer de l’expérience ou des compétences requises. Il évoque notamment des individus qui, selon lui, ne seraient pas enseignants ou éprouveraient des difficultés à assurer correctement leur mission.

Ces dysfonctionnements, estime-t-il, fragiliseraient davantage la fiabilité du dispositif.

« Les groupes WhatsApp n’ont pas été le principal problème »

Contrairement aux idées largement répandues, Michel Pépé Balamou considère que les réseaux sociaux n’ont pas constitué le principal vecteur de fraude durant cette session.

Selon lui, les groupes WhatsApp ont eu un impact limité. Le véritable danger résiderait plutôt dans le retour d’anciennes pratiques de fraude.

« Les groupes WhatsApp n’ont pas eu d’incidence réelle sur les fraudes cette année, mais il y a eu la réviviscence des vieux démons », a-t-il affirmé.

Le retour du système « main à main »

Le responsable syndical affirme que le mécanisme appelé « main à main » aurait refait surface cette année.

Selon ses explications, ce système consisterait à acquérir illicitement des copies d’examen vierges avant les épreuves, lesquelles seraient ensuite remplies en dehors des salles par des personnes chargées de rédiger les réponses.

Michel Pépé Balamou décrit plusieurs scénarios présumés de substitution des copies : un remplacement directement dans la salle d’examen, une intervention au niveau du secrétariat du centre ou encore une manipulation des lots de copies lors de leur centralisation.

Ces allégations, présentées par le SNE comme des informations recueillies sur le terrain, constituent l’un des principaux griefs formulés par le syndicat contre l’organisation des examens nationaux 2026.

Des accusations qui appellent des réponses

À travers cette sortie médiatique, le Syndicat national de l’éducation appelle à un renforcement de la transparence et des mécanismes de contrôle afin de préserver la crédibilité des examens nationaux.

Les accusations formulées par le SNE concernent plusieurs aspects de l’organisation de la session 2026. Elles n’ont, à ce stade, pas fait l’objet d’une réaction publique des autorités éducatives compétentes. Une éventuelle réponse de celles-ci permettra d’apporter leur version des faits sur les différents points soulevés.

SOW Telico

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