Le ministre de l’Élevage, Alpha Bacar Barry, a lancé le jeudi 22 octobre 2026 la plateforme NGAYNAAKO, destinée à organiser la sélection des bénéficiaires et le suivi des aides aux éleveurs. Il a annoncé l’importation d’animaux métis, de chèvres, de porcs à rendement amélioré, ainsi que de milliers de tonnes de maïs et d’aliments pour bétail. Selon lui, l’inscription en ligne et le respect de conditions précises garantiront une distribution équitable et transparente.
Une plateforme pour distribuer les aides « de façon équitable »
La plateforme NGAYNAAKO doit servir d’outil central du programme de soutien au secteur. Les éleveurs intéressés s’y inscrivent et renseignent leurs informations. Le ministère se charge ensuite de la livraison, du suivi médical et zootechnique, ainsi que du soutien en cas de problème, a expliqué le ministre.
Des conditions à remplir
L’inscription ne suffit pas. Des experts du ministère évalueront les installations et leur historique. Les éleveurs devront aussi être officiellement enregistrés comme entreprise et à jour de leurs taxes et impôts.
Le ministre justifie cette exigence par l’origine des fonds : c’est la fiscalité qui permet à l’État d’acheter les animaux. « Il y a des conditions qui sont ici et, si vous les remplissez, vous avez votre aide tout de suite », a-t-il affirmé.
Bovins, chèvres, porcs : les opérations annoncées
Le programme prévoit plusieurs importations, en provenance du Brésil, d’Afrique du Sud, de Russie et de Côte d’Ivoire.
Des vaches métisses subventionnées
Le ministre a évoqué l’arrivée de vaches brésiliennes, présentées comme la « première opération ». Selon lui, elles seront subventionnées par l’État et vendues à un prix « extrêmement abordable », très différent de celui pratiqué à Bamako, Abidjan ou Dakar. Il en attend des effets variés : reproduction avec le cheptel existant, production laitière et production de viande.
Deux mille chèvres pour les petits ruminants
Une deuxième opération porte sur l’introduction de 2 000 chèvres, dont 1 000 chèvres sud-africaines de race Boer et 1 000 chèvres de Maradi, présentées comme très performantes et à reproduction rapide. Elles sont destinées aux exploitations spécialisées dans les petits ruminants.
Des porcs à rendement amélioré
Le ministre a également annoncé une opération d’importation de porcs à rendement amélioré depuis la Côte d’Ivoire. Ils seront distribués selon le même mécanisme, via la plateforme.
Alimentation du bétail : maïs et aliments d’embouche
Le volet alimentaire prévoit 3 000 tonnes d’aliments d’embouche pour les éleveurs de moutons. Il comprend aussi 22 000 tonnes de maïs, qui seraient « déjà en route » selon le ministre.
Ce maïs doit être mis à disposition à des prix abordables. Le ministre souligne qu’il pèse lourd dans le budget de l’alimentation de la volaille.
Boucheries modernes et restructuration du secteur
NGAYNAAKO ne se limite pas à la distribution des animaux. Le ministre a indiqué que les boucheries modernes en cours de construction seront accessibles via la plateforme. Les contacts de leurs gestionnaires y seront disponibles.
Un dispositif à suivre dans la durée
Le lancement fixe un cap : plus de transparence et de traçabilité dans l’attribution des aides. Plusieurs points restent à préciser : le calendrier d’arrivée des animaux, le prix de cession, les quantités par bénéficiaire et les modalités de contrôle. La réussite du dispositif se jugera sur l’accès réel des éleveurs, notamment hors de la capitale, à cet outil numérique.
SOW Telico