La Fédération patronale des associations de presse de Guinée (FEPAP-GUI) sollicite une revalorisation de la subvention accordée à la presse privée, en proposant de la faire passer de 3 à 15 milliards de francs guinéens. Cette demande a été formulée ce vendredi 30 octobre 2026, lors de la présentation de son bureau exécutif aux responsables de la Haute Autorité de la Communication (HAC), à Kaloum.
Au cours de cette rencontre, le président de la FEPAP-GUI, Amadou Tham Camara, a exposé les principales préoccupations des patrons de presse, tout en plaidant pour un partenariat renforcé avec l’organe de régulation afin de favoriser l’émergence d’entreprises de médias économiquement viables et professionnellement responsables.
Selon lui, cette démarche s’inscrit dans une volonté de contribuer à l’assainissement du secteur et à sa refondation. La fédération travaille également à l’élaboration d’une convention collective dont le processus est, selon son président, presque achevé.
Pour concrétiser ces engagements, la FEPAP-GUI estime indispensable de renforcer les moyens financiers des entreprises de presse.
Amadou Tham Camara rappelle que la subvention accordée à la presse privée est restée fixée à 3 milliards de francs guinéens depuis 2009, malgré l’évolution du paysage médiatique et les difficultés économiques auxquelles les médias sont confrontés.
Il souligne notamment que le taux de change du dollar est passé d’environ 3 000 à près de 10 000 francs guinéens, tandis que les médias subissent une baisse importante de leurs recettes publicitaires, notamment en raison de la concurrence des plateformes numériques comme Facebook, Google et TikTok.
Outre la revalorisation de la subvention à 15 milliards de francs guinéens, la fédération plaide pour un élargissement du marché publicitaire et une taxation des plateformes numériques. Une partie des recettes issues de cette taxation pourrait, selon elle, être réorientée vers le soutien et le financement de la presse guinéenne.
Au-delà des revendications financières, le président de la FEPAP-GUI a également proposé un nouveau pacte entre les médias et les gouvernants, fondé sur la responsabilité, le professionnalisme et le respect de l’indépendance de la presse.
« Un journaliste, même mauvais, vaut mieux qu’un bon blogueur », a-t-il déclaré, pour illustrer la nécessité, selon lui, de préserver la place du journalisme professionnel dans l’espace public.
À travers cette démarche, la FEPAP-GUI entend engager les entreprises de presse dans leur propre mutation, tout en sollicitant un accompagnement accru de l’État et des partenaires économiques.
Barry Aliou pour Conakryweb.com