« Il faudrait qu’il puisse prouver sa gestion » : L’avocat de l’État revient sur l’audition de Mandian Sidibé devant la CRIEF

L’ancien Directeur Général de l’Office Guinéen de Publicité (OGP), Mandian Sidibé, a été entendu le vendredi 30 octobre 2026 par la chambre de jugement de la Cour de Répression des Infractions Économiques et Financières (CRIEF). Poursuivi aux côtés de deux co-prévenus pour des faits présumés de détournement de deniers publics portant sur 78 milliards de francs guinéens (GNF), l’ex-patron de l’OGP a réfuté l’ensemble des griefs à l’issue d’une audience marathon de plus de sept heures.

Audit et défaillances de gestion : L’État réclame des preuves comptables

Au terme de l’audience, la partie civile s’est exprimée par la voix de Maître Christophe Labilé Koné, avocat représentant l’État guinéen. Ce dernier est revenu sur les conclusions des rapports de l’Inspection Générale d’État (IGE), mettant en avant plusieurs irrégularités administratives et financières enregistrées durant l’exercice de Mandian Sidibé.

Parmi les défaillances soulevées figurent la variation jugée injustifiée de la masse salariale au sein de l’entreprise publique et la passation de plusieurs marchés hors du cadre réglementaire :

« Pendant ces actions, il y a eu des défaillances. Des défaillances dont on peut relever ici la masse salariale qui varie d’un moment à l’autre. Et aussi des marchés publics qui ont été passés et qui n’ont pas respecté la procédure. Il faudrait qu’il puisse prouver sa gestion par rapport à ces différents montants. » Me Christophe Labilé Koné, avocat de l’État guinéen.

Paiements non traçables et renvoi au 2 décembre 2026

L’avocat de l’État a souligné des zones d’ombre dans les déclarations de l’ancien responsable de l’OGP, citant notamment l’évocation par ce dernier de deux versements effectués au profit du Trésor public sans qu’il ne soit en mesure d’en préciser le montant exact.

Face à la tentative du prévenu de justifier certaines opérations au titre des frais de communication institutionnelle de l’entreprise commerciale, la partie civile exige un bilan financier rigoureux basé sur les flux réels d’entrées et de sorties d’argent.

À la suite de ces longs débats, le juge de la chambre de jugement a ordonné le renvoi de l’affaire au 2 décembre 2026 pour la poursuite de l’interrogatoire de Mandian Sidibé.

La réplique de Mandian Sidibé : Dénonciation d’un « ciblage »

De son côté, l’ancien Directeur Général de l’OGP a balayé d’un revers de main l’ensemble des accusations formulées à son encontre.

Se disant serein quant à sa gestion administrative et financière, Mandian Sidibé affirme être victime d’une manœuvre de ciblage personnel et politique, qu’il présente comme la cause réelle de son limogeage de la tête de la régie publicitaire publique.

Ce nouveau volet judiciaire devant la CRIEF illustre la volonté affichée d’accroître le contrôle financier sur les Sociétés Anonymes à participation publique (SA) en Guinée. L’Office Guinéen de Publicité (OGP), en tant que régie commerciale collectant des redevances sur l’affichage et la publicité, se retrouve au cœur des exigences de rentabilité et de reddition des comptes prônées par les institutions de contrôle d’État. Ce procès servira de test sur la capacité de la juridiction spéciale à démêler la gouvernance des régies financières publiques.

SOW Telico

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